- J’aurais voulu être égyptien - Alaa El Aswany
(1094)
J’aurais voulu être égyptien…« J’ai choisi de mettre ces mots en exergue parce que, de mon point de vue, ils sont ce que j’ai entendu de plus inepte de toute ma vie. ». Dès les premiers mots, le titre apparemment flatteur du recueil devient provocateur. Attention ! Ces paroles ne sont pas celles de l’auteur, mais bien celles d’un personnage qu’El Aswany lui-même décrit comme « une personne extravagante, déséquilibrée ». A cause de l’amalgame que font certains lecteurs entre l’imaginaire de l’auteur et la réalité des ses convictions, cette première nouvelle (initialement, un roman) a bien failli ne jamais être publiée. C’est dire si son écriture est vivante. Le (...)
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- Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer ?
(372)
Bouba et Vieux vivent dans un modeste appartement du Carré Saint-Louis à Montréal. Bouba (alias Roland Désir) passe son temps à philosopher et à lire le Coran quand il n’est pas en train de dormir. Vieux (alias Dany Laferrière) écrit un roman sur ses fantasmes, tout en multipliant des aventures sexuelles avec des jeunes Blanches de Westmount. Que ce soit Miz Littérature, Miz Suicide ou Miz Sophisticated Lady, elles ont toutes en commun d’être issues de la haute société canadienne et surtout, elles préfèrent les Noirs !
Armé de sa Remington 22 (sa machine à écrire), le narrateur fait claquer les mots. C’est sans ambages qu’il nous plonge dans un univers (...)
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- L’héritage nu
(217)
Aharon Appelfeld est un écrivain israélien né en 1932 à Czernowitz en Bucovine. Survivant de la Shoah, il estime qu’il porte en lui un héritage, celui du judaïsme européen. Dans l’héritage nu, il explique que les juifs d’Europe, dans leur souci d’« assimilation » dans le monde occidental, avaient rejeté leur propre culture avant la guerre. Pour Aharon Appelfeld, rejeter cet héritage équivaut à un rejet de soi, à un suicide, et pour lui la Shoah n’est rien d’autre qu’une punition de ce même rejet. En effet, aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est Satan (comprenez les Nazis) qui a ramené les juifs dits « assimilés » vers leur propre culture, en leur (...)
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- Legarçon de Morgiève
(233)
Legarçon, c’est un enfant sans nom, qui n’a ni visage, ni passé. Qui n’existe presque pas. Vendu par une femme, il passe des mains d’un bourreau qui l’oblige à mendier, pour tomber entre celles de deux tortionnaires, qui le forcent à se prostituer. D’abord « chien des rues », puis « chien de chambre », Legarçon est le symbole d’une « sous-vie » faite de marginaux et de tous ces esclaves modernes que sont les enfants abusés, violés, maltraités peuplant les grandes villes du monde.
Dans ce livre, Richard Morgiève fait voler en éclats tous les tabous de la prostitution infantile. Il dépouille la langue de tous ses artifices esthétiques et nous la restitue dans (...)
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- Enterrez-moi sous le carrelage
(371)
Sacha Savéliev, notre jeune narrateur de 10 ans, souhaite être enterré sous le carrelage quand il mourra. Il pourra ainsi échapper aux vers et à l’obscurité, et pourra regarder sa mère depuis une fente autant qu’il le voudra. Drôle d’idée pour un petit garçon de son âge ! Mais celui-ci est persuadé qu’il pourrira à seize ans à cause de sa santé précaire. C’est en tout cas ce que lui répète sa grand-mère parmi les autres insultes, cris et imprécations qu’elle profère inlassablement à son encontre, telle une vieille Anna Karénine déjantée.
Avec beaucoup de naïveté et de sincérité, le petit Sacha nous décrit des saynètes de sa vie quotidienne, où il est toujours (...)
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- Un hôpital d’enfer
(254)
Pourtant, tout commence plutôt bien, dans une ambiance très « Urgences ». Nous découvrons l’histoire d’amour platonique d’une infirmière, des rivalités entre collègues, et des micro histoires sur les patients qui n’ont rien de surprenant. Toutefois, au fur et à mesure que la narration progresse, les masques commencent à tomber : certains médecins se révèlent être des satanistes, les infirmières nymphomanes, les brancardiers adeptes du vaudou etc. Après une séance de messe noire, célébrée en même temps qu’un rite vaudou, des événements étranges se produisent et plongent l’hôpital dans un chaos. Un épais brouillard encercle le bâtiment, des patients guérissent (...)
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- La Fille sans qualités
(263)
Le titre français fait référence à une œuvre de l’Autrichien Robert Musil, L’homme sans qualités, un roman fleuve de trois tomes paru en France en 1956 (et pour faire couler, une traduction en français par le poète Philippe JACOTTET). L’homme sans qualités, c’est l’Homme sous toutes ses formes et dans tous les états possibles, qui s’incarne dans chacun des personnages de cette cathédrale de la littérature. La Fille sans qualités, c’est aussi un pavé.
C’est surtout Ada, 14 ans, surdouée, peinte avec des traits d’adolescente exacerbés ; une fille “pas très belle”, hermétique, apparemment sans âme, et que rien ne distingue. En marge des autres élèves de la (...)
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- La Clameur des ténèbres
(490)
Neil Bissoondath est né en 1955 à Trinidad et Tobago d’ancêtres indiens. Pour la petite anecdote, il est le neveu du prix Nobel de littérature 2001 V.S. Naipaul et d’autres personnes de sa familles sont aussi écrivains. Neil Bissoondath est l’auteur de huit romans (le dernier Cartes postales de l’enfer sort en 2009 chez Boréal) mais aussi d’un essai. Il est professeur de création littéraire à l’université de Laval au Québec (Canada), où il enseigne notamment à ses étudiants l’art de la fiction. Il respecte avant tout la vie propre à chaque personnage et cela se ressent à la lecture puisqu’une grande partie de l’intérêt de ses romans tient aux personnages (...)
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- Le moindre des mondes
(241)
Sigurjón Birgir Sigurðsson, de son nom de plume Sjón, nous transporte dans ce roman au cœur des montagnes enneigées de son pays : l’Islande. La culture islandaise nous est peu familière en France ou du moins nous est-elle souvent présentée au travers de la chanteuse Björk. Là encore nous n’échappons pas à la règle puisque Sjón, né en 1962, a été un des paroliers de l’artiste islandaise (sur les chansons "Isobel", "Bachelorette", "Oceania"). Il a collaboré avec Lars Van Trier dans Dancer in the Dark, et plus spécifiquement sur la chanson "I’ve Seen it All", qui a été nominée en 2001 aux Oscars.
“Soleil des revenants : telle est l’appellation que donnent les (...)
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- La vie rêvée des plantes
(270)
« Les critiques disent que j’évolue lentement de l’abstraction vers le figuratif, du spirituel vers le matériel. La vie rêvée des plantes est, de tous mes romans, celui qui contient le plus d’éléments concrets. » (Lee Seung-U, sur le site de son éditeur [1]). Après les dix premières pages, ça, on veut bien le croire. L’entrée en matière est crue : Kihyon, en voiture, rabat une prostituée et la conduit dans un motel. Pas pour lui mais pour son frère aîné, Uhyon, amputé des deux jambes après avoir sauté sur une mine pendant son service militaire. Kihyon s’en occupe pour éviter à sa mère de l’emmener au bordel sur son dos, comme elle le faisait par le passé, et (...)
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