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	<title>Ubikuity</title>
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	<description>Webzine pointu et curieux</description>
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		<title>La vie r&#234;v&#233;e des plantes</title>
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		<dc:creator>Rapha&#235;lle</dc:creator>

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		<description>Apr&#232;s plusieurs ann&#233;es d'exil, Kihyon, la trentaine, est revenu dans la maison familiale. Ce n'est que l&#224; qu'il a d&#233;couvert ce qui &#233;tait arriv&#233; &#224; son fr&#232;re. Ce roman, en trois mots, c'est des arbres, une famille et des secrets&#8230; une formule cor&#233;enne pour un roman sinueux. Ceux qui ont en t&#234;te les atmosph&#232;res du cin&#233;ma cor&#233;en contemporain n'auront aucun mal &#224; imaginer la couleur de ce roman pudique et tortur&#233;. &lt;br /&gt;&#171; Les critiques disent que j'&#233;volue lentement de l'abstraction vers le figuratif, du spirituel vers le (...)


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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ubikuity.fr/IMG/arton92.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;400&quot; height=&quot;609&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Apr&#232;s plusieurs ann&#233;es d'exil, Kihyon, la trentaine, est revenu dans la maison familiale. Ce n'est que l&#224; qu'il a d&#233;couvert ce qui &#233;tait arriv&#233; &#224; son fr&#232;re. Ce roman, en trois mots, c'est des arbres, une famille et des secrets&#8230; une formule cor&#233;enne pour un roman sinueux. Ceux qui ont en t&#234;te les atmosph&#232;res du cin&#233;ma cor&#233;en contemporain n'auront aucun mal &#224; imaginer la couleur de ce roman pudique et tortur&#233;.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les critiques disent que j'&#233;volue lentement de l'abstraction vers le figuratif, du spirituel vers le mat&#233;riel. La vie r&#234;v&#233;e des plantes est, de tous mes romans, celui qui contient le plus d'&#233;l&#233;ments concrets.&lt;/i&gt; &#187; (Lee Seung-U, sur le site de son &#233;diteur [&lt;a href=&quot;http://ubikuity.fr/#nb1&quot; name=&quot;nh1&quot; id=&quot;nh1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] http://www.zulma.fr/auteur&#8212;lee-seung-u-104.html' &gt;1&lt;/a&gt;]). Apr&#232;s les dix premi&#232;res pages, &#231;a, on veut bien le croire. L'entr&#233;e en mati&#232;re est crue : Kihyon, en voiture, rabat une prostitu&#233;e et la conduit dans un motel. Pas pour lui mais pour son fr&#232;re a&#238;n&#233;, Uhyon, amput&#233; des deux jambes apr&#232;s avoir saut&#233; sur une mine pendant son service militaire. Kihyon s'en occupe pour &#233;viter &#224; sa m&#232;re de l'emmener au bordel sur son dos, comme elle le faisait par le pass&#233;, et surtout parce qu'il a une dette envers son fr&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lee Seung-U n'&#233;volue pas de l'abstrait vers le concret : il jongle avec les symboles et les int&#232;gre &#224; un r&#233;cit bien ancr&#233; dans la r&#233;alit&#233;. Le temps du roman est celui des fautes et des secrets : une narration fragment&#233;e, avec beaucoup de retours en arri&#232;re, et des r&#233;cits ench&#226;ss&#233;s. Le temps est aussi, bien &#233;videmment, celui de l'amour et de la qu&#234;te. La phrase &#224; retenir du roman : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les arbres sont l'incarnation d'amours bris&#233;es&#8230;&lt;/i&gt; &#187;. Ces arbres jalonnent l'&#339;uvre, comme des personnages &#224; part enti&#232;re : ils sont les &#233;l&#233;ments qui permettent de passer du r&#233;el &#224; la mythologie, du r&#234;ve &#224; la vie. Jusqu'&#224; se demander si certains personnages ne seraient pas eux-m&#234;mes des arbres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le temps d'acclimatation au roman risque d'&#234;tre plus ou moins long selon la sensibilit&#233; de chacun... Cependant La vie r&#234;v&#233;e des plantes vaut la peine que l'on s'y attarde ; une fois dans ses profondeurs, on quitte la Cor&#233;e pour un endroit paradisiaque et hors du temps. La formule est simple et efficace : de l'amour et de la culpabilit&#233;. Chaque personnage a ses raisons d'agir, obscures. Toutes les questions qui naissent, l'auteur y r&#233;pond au compte goutte, jusqu'&#224; la derni&#232;re page : pourquoi Kyhon est parti et pourquoi se sent-il coupable ? qu'est-il r&#233;ellement arriv&#233; &#224; Uhyon ? quels secrets cachent les parents des deux fr&#232;res ? Autant de r&#233;ponses qui s'abritent &#224; l'ombre de la vie r&#234;v&#233;e des plantes ...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://ubikuity.fr/#nh1&quot; name=&quot;nb1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] http://www.zulma.fr/auteur&#8212;lee-seung-u-104.html&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Fille sans qualit&#233;s</title>
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		<description>O&#249; est la v&#233;rit&#233; ? C'est le fil d'Ariane de La fille sans qualit&#233;s, deuxi&#232;me roman de Juli ZEH. Traduit de l'Allemand en 2007, l'oeuvre a pour titre original Spieltrieb, litt&#233;ralement, &#171; le jeu du mensonge &#187;. Quand un tandem de g&#233;nies adolescents prend pour &#233;chiquier un lyc&#233;e tout entier, pions et strat&#233;gies se r&#233;v&#232;lent au lecteur. &lt;br /&gt;Le titre fran&#231;ais fait r&#233;f&#233;rence &#224; une &#339;uvre de l'Autrichien Robert Musil, L'homme sans qualit&#233;s, un roman fleuve de trois tomes paru en France en 1956 (et pour faire couler, une (...)


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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ubikuity.fr/IMG/arton90.png&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;280&quot; height=&quot;475&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;O&#249; est la v&#233;rit&#233; ? C'est le fil d'Ariane de La fille sans qualit&#233;s, deuxi&#232;me roman de Juli ZEH. Traduit de l'Allemand en 2007, l'oeuvre a pour titre original &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Spieltrieb&lt;/i&gt;, litt&#233;ralement, &#171; le jeu du mensonge &#187;. Quand un tandem de g&#233;nies adolescents prend pour &#233;chiquier un lyc&#233;e tout entier, pions et strat&#233;gies se r&#233;v&#232;lent au lecteur.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le titre fran&#231;ais fait r&#233;f&#233;rence &#224; une &#339;uvre de l'Autrichien Robert Musil, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'homme sans qualit&#233;s&lt;/i&gt;, un roman fleuve de trois tomes paru en France en 1956 (et pour faire couler, une traduction en fran&#231;ais par le po&#232;te Philippe JACOTTET). L'homme sans qualit&#233;s, c'est l'Homme sous toutes ses formes et dans tous les &#233;tats possibles, qui s'incarne dans chacun des personnages de cette cath&#233;drale de la litt&#233;rature. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Fille sans qualit&#233;s&lt;/i&gt;, c'est aussi un pav&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est surtout Ada, 14 ans, surdou&#233;e, peinte avec des traits d'adolescente exacerb&#233;s ; une fille &#8220;pas tr&#232;s belle&#8221;, herm&#233;tique, apparemment sans &#226;me, et que rien ne distingue. En marge des autres &#233;l&#232;ves de la bo&#238;te &#224; bac dans laquelle elle est inscrite&#8230; jusqu'&#224; l'arriv&#233;e d'un nouvel &#233;l&#232;ve, Alev, roi vagabond et sans peuple. D&#232;s lors, la chasse est ouverte. Ada, amoureuse devient une proie &#224; asservir. Elle a la force d'un pr&#233;dateur ; c'est une machine de guerre. L'un contre l'autre &#8211; au propre comme au figur&#233; &#8211; ils manipulent &#233;l&#232;ves et professeurs, percent des intentions et d&#233;couvrent des secrets&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si Ada a peur, on a peur. Si elle souffre on souffre avec elle ; mais Ada relativise toujours, analyse et expose, &#224; elle-m&#234;me, &#224; nous. Juli ZEH raconte d'une voix atone : elle ma&#238;trise son style et pousse le lecteur &#224; l'analyse clinique et raisonn&#233;e des faits et des personnages. Elle h&#233;rite de Musil un go&#251;t pour l'essai romanesque, pour chacune des th&#233;ories erron&#233;es parfois&#8211; qui portent les diff&#233;rents personnages. Malgr&#233; quelques longueurs et le cap du pr&#233;ambule difficile &#224; franchir, beaucoup d'enseignements sont &#224; tirer de la lecture.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Unique d&#233;ception, pour conclure, la jolie couverture de l'&#233;dition fran&#231;aise : couleurs harmonieuses et nymphette, loin d'Ada, &#8220;blonde, de constitution robuste, [&#8230;] la bouche large et les poignets solides&#8221; .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Extrait.&lt;/strong&gt; Ada vient de subir l'agression d'autres &#233;l&#232;ves... elle analyse la situation : &#171; A peine quelques minutes plus tard, l'euphorie s'&#233;tait dissip&#233;e. Volatilis&#233;e : chimie c&#233;r&#233;brale. Ada se sentait tr&#232;s mal. L'heure de cours &#233;tait &#224; moiti&#233; pass&#233;e.[&#8230;] Le pire, c'&#233;tait cette soudaine envie de parler &#224; quelqu'un. Pas forc&#233;ment de ce qui s'&#233;tait pass&#233;. De n'importe quoi. De Schr&#246;der. De l'Irak. Du quatre vingt dixi&#232;me anniversaire de la perte des valeurs en Europe occidentale. Ca faisait tellement longtemps qu'elle n'avait pas ressenti ce d&#233;sir qu'il fallait d'abord l'identifier et le classer comme une plante rare, un chardon menac&#233; d'extinction. En essayant de l'arracher comme une mauvaise herbe, elle sentit les piquants dans ses mains. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>J'aurais voulu &#234;tre &#233;gyptien - Alaa El Aswany</title>
		<link>http://ubikuity.fr/J-aurais-voulu-etre-egyptien-Alaa.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rapha&#235;lle</dc:creator>

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		<dc:subject>Alaa El Aswany</dc:subject>
		<dc:subject>Egypte</dc:subject>
		<dc:subject>J'aurai voulu &#234;tre &#233;gyptien</dc:subject>
		<dc:subject>Naguib Mahfouz</dc:subject>

		<description>Censur&#233;, interdit, injuri&#233; en Egypte, Alaa El Aswany nous donne des nouvelles. Apr&#232;s L'Immeuble Yacoubian (Pot-Bouille &#233;gyptien adapt&#233; au cin&#233;ma) et Chicago (dont la publication fut accompagn&#233;e d'injures et de mal&#233;dictions), il cr&#233;e l'&#233;v&#233;nement avec J'aurais voulu &#234;tre &#233;gyptien. &lt;br /&gt;J'aurais voulu &#234;tre &#233;gyptien&#8230;&#171; J'ai choisi de mettre ces mots en exergue parce que, de mon point de vue, ils sont ce que j'ai entendu de plus inepte de toute ma vie. &#187;. D&#232;s les premiers mots, le titre apparemment flatteur du recueil (...)


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&lt;a href="http://ubikuity.fr/+-J-aurai-voulu-etre-egyptien-+.html" rel="tag"&gt;J'aurai voulu &#234;tre &#233;gyptien&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ubikuity.fr/IMG/arton77.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;400&quot; height=&quot;755&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Censur&#233;, interdit, injuri&#233; en Egypte, Alaa El Aswany nous donne des nouvelles. Apr&#232;s L'Immeuble Yacoubian (Pot-Bouille &#233;gyptien adapt&#233; au cin&#233;ma) et Chicago (dont la publication fut accompagn&#233;e d'injures et de mal&#233;dictions), il cr&#233;e l'&#233;v&#233;nement avec J'aurais voulu &#234;tre &#233;gyptien.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'aurais voulu &#234;tre &#233;gyptien&#8230;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai choisi de mettre ces mots en exergue parce que, de mon point de vue, ils sont ce que j'ai entendu de plus inepte de toute ma vie.&lt;/i&gt; &#187;. D&#232;s les premiers mots, le titre apparemment flatteur du recueil devient provocateur. Attention ! Ces paroles ne sont pas celles de l'auteur, mais bien celles d'un personnage qu'El Aswany lui-m&#234;me d&#233;crit comme &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;une personne extravagante, d&#233;s&#233;quilibr&#233;e&lt;/i&gt; &#187;. A cause de l'amalgame que font certains lecteurs entre l'imaginaire de l'auteur et la r&#233;alit&#233; des ses convictions, cette premi&#232;re nouvelle (initialement, un roman) a bien failli ne jamais &#234;tre publi&#233;e. C'est dire si son &#233;criture est vivante. Le personnage, inspir&#233; par un vrai monsieur, a grandi Impasse des Deux-Palais (rendue c&#233;l&#232;bre par les sagas de Naguib Mahfouz). Un petit gueux en somme, dans un univers &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;d'hommes aux r&#234;ves fracass&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. Un p&#232;re dessinateur, un oncle musicien&#8230; Des rat&#233;s d&#233;crits par Alaa El Aswany sans jamais de fausse complaisance, ni de m&#233;chancet&#233;. Beaucoup d'humour et de vigueur ; il en faut aussi pour peindre l'Egypte, les hommes et leurs travers sous un jour pas toujours flatteur, mais toujours color&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et cette nouvelle d'ouverture, (plut&#244;t un mini roman en fait), n'est qu'un pr&#233;lude. J'aurais voulu &#234;tre &#233;gyptien, c'est une galerie de personnages, un vrai &#8220;r&#233;pertoire&#8221; que l'auteur s'est constitu&#233; en parcourant les rues du Caire, la nuit. L'int&#233;r&#234;t de ces petites histoires ? Leurs chutes ouvertes, qui laissent tout le loisir aux personnages pour s'installer et &#233;voluer dans notre imagination. &#171; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La litt&#233;rature est l'art de la vie. Le roman c'est &#171; de la vie sur du papier, qui ressemble &#224; la vie de tous les jours en plus profond, en plus s&#233;duisant et en plus beau.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187; (Pr&#233;face). La vie, comment la donne-t-il &#224; ses personnages ? Alaa El Aswany n'est pas omniscient et il l'admet : il laisse &#224; ses personnages leurs secrets et leur ind&#233;pendance. Nulle intention cependant de faire de l'&#233;criture une &#233;tude sociologique, critique ou moralisatrice de la soci&#233;t&#233; contemporaine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans un m&#234;me livre donc : un petit roman, une pr&#233;face pertinente, et des nouvelles qui foisonnent d'&#234;tres &#224; regarder vivre&#8230;jusqu'&#224; en oublier qu'on lit. Car un texte d'Alaa El Aswany ne se lit pas : il se d&#233;vore.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un extrait de la nouvelle
&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le factotum&lt;/i&gt; &#187; :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; -Mon gar&#231;on, savez-vous quel est le r&#244;le d'un assistant au d&#233;partement ?
Il resta perplexe.
&lt;br /&gt; Ici, vous serez le factotum, lui expliqua le chef du d&#233;partement dans un &#233;clat de rire, en passant ses doigts dans ses longs favoris.
Hicham faillit rire lui aussi, par flagornerie, mais heureusement, il en fut emp&#234;ch&#233; par un coup de t&#233;l&#233;phone.
&lt;br /&gt; Savez-vous ce qu'est un factotum &#224; la cuisine ? C'est celui qui ramasse les &#233;pluchures, qui nettoie le carrelage et qui re&#231;oit des gifles de la part des cuisiniers. Voil&#224;, un assistant, c'est exactement la m&#234;me chose.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Legar&#231;on de Morgi&#232;ve</title>
		<link>http://ubikuity.fr/Legarcon-de-Morgieve.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>shalinee</dc:creator>

<category domain="http://ubikuity.fr/-Litterature-Livres-.html">Litt&#233;rature / Livres</category>

		<dc:subject>Richard Morgi&#232;ve</dc:subject>
		<dc:subject>Legar&#231;on</dc:subject>
		<dc:subject>Roman scabreux</dc:subject>

		<description>Rares sont les auteurs qui osent p&#233;n&#233;trer dans les bas-fonds du langage pour explorer et restituer la r&#233;alit&#233; dans ce qu'elle a de plus scabreux. Avec Legar&#231;on (Ed. Calmann-L&#233;vy, 1997), Richard Morgi&#232;ve prend le risque de choquer &#233;diteurs, critiques et lecteurs en d&#233;montrant sans d&#233;tours la r&#233;alit&#233; violente, et profond&#233;ment obsc&#232;ne de la prostitution infantile. &lt;br /&gt;Legar&#231;on, c'est un enfant sans nom, qui n'a ni visage, ni pass&#233;. Qui n'existe presque pas. Vendu par une femme, il passe des mains d'un bourreau qui (...)


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ubikuity.fr/IMG/arton72.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;90&quot; height=&quot;140&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Rares sont les auteurs qui osent p&#233;n&#233;trer dans les bas-fonds du langage pour explorer et restituer la r&#233;alit&#233; dans ce qu'elle a de plus scabreux. Avec Legar&#231;on (Ed. Calmann-L&#233;vy, 1997), Richard Morgi&#232;ve prend le risque de choquer &#233;diteurs, critiques et lecteurs en d&#233;montrant sans d&#233;tours la r&#233;alit&#233; violente, et profond&#233;ment obsc&#232;ne de la prostitution infantile.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Legar&#231;on, c'est un enfant sans nom, qui n'a ni visage, ni pass&#233;. Qui n'existe presque pas. Vendu par une femme, il passe des mains d'un bourreau qui l'oblige &#224; mendier, pour tomber entre celles de deux tortionnaires, qui le forcent &#224; se prostituer. D'abord &#171; chien des rues &#187;, puis &#171; chien de chambre &#187;, Legar&#231;on est le symbole d'une &#171; sous-vie &#187; faite de marginaux et de tous ces esclaves modernes que sont les enfants abus&#233;s, viol&#233;s, maltrait&#233;s peuplant les grandes villes du monde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ce livre, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Richard Morgi&#232;ve&lt;/strong&gt; fait voler en &#233;clats tous les tabous de la prostitution infantile. Il d&#233;pouille la langue de tous ses artifices esth&#233;tiques et nous la restitue dans sa forme la plus basique et authentique, capable d'aller droit &#224; l'essentiel. Ajoutons &#224; cela un vocabulaire d&#233;brid&#233;, qui fouille sans retenue l'univers scatologique, pornographique auquel aucun enfant ne devrait &#234;tre confront&#233;. L'&#233;criture de &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Morgi&#232;ve&lt;/strong&gt;, c'est aussi une &#233;criture sans empathie, d&#233;nu&#233;e de tout jugement et qui nous oblige &#224; nous confronter &#224; l'indicible, &#224; la violence et l'horreur cr&#233;&#233;es par nos soci&#233;t&#233;s modernes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vivant et &#233;voluant dans un monde fait de pervers sexuels et de tortionnaires, ramen&#233; au point le plus bas de l'existence, encore plus bas que celle des b&#234;tes, l'espoir de Legar&#231;on ne faiblit jamais. Il reste un formidable cri d'espoir pour tous ceux qui luttent contre l'esclavage, la perversit&#233; et qui r&#234;vent de devenir des &#234;tres humains.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Extrait :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#8220;legar&#231;on sait qu'il ne peut pas entrer dans un magasin. il est trop chien. trop laid. ce march&#233; sur cette place c'est pour lui. ici on prendra son argent. il est plus mis&#233;rable que. tous. mais le marchand est lui-m&#234;me mis&#233;rable. &#231;a ira. c'est la premi&#232;re fois que legar&#231;on ach&#232;te. c'est un acte. &#233;norme. presque inimaginable.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Comment faire l'amour avec un n&#232;gre sans se fatiguer ?</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>shalinee</dc:creator>

<category domain="http://ubikuity.fr/-Litterature-Livres-.html">Litt&#233;rature / Livres</category>

		<dc:subject>Dany Laferri&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Comment faire &#224; l'amour &#224; un n&#232;gre</dc:subject>
		<dc:subject>Bouba et Vieux</dc:subject>
		<dc:subject>Remington 22</dc:subject>

		<description>Comment faire l'amour avec un n&#232;gre sans se fatiguer ? (Dany Laferri&#232;re)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ubikuity.fr/IMG/arton64.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;240&quot; height=&quot;240&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Il n'y a rien de plus efficace qu'un titre bien provocateur et audacieux pour se faire entendre, et ce n'est certainement pas Dany Laferri&#232;re (un de mes auteurs pr&#233;f&#233;r&#233;s) qui dira le contraire. D'origine ha&#239;tienne, Dany a longtemps v&#233;cu au Canada et il partage de nos jours sa vie entre Miami et le Qu&#233;bec. Ma&#238;tre dans l'art de trouver des titres &#233;vocateurs pour ses romans, il explore de fa&#231;on singuli&#232;re les relations entre les Noirs et les Blancs dans Comment faire l'amour avec un n&#232;gre sans se fatiguer ? (1985)&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bouba et Vieux vivent dans un modeste appartement du Carr&#233; Saint-Louis &#224; Montr&#233;al. Bouba (alias Roland D&#233;sir) passe son temps &#224; philosopher et &#224; lire le Coran quand il n'est pas en train de dormir. Vieux (alias Dany Laferri&#232;re) &#233;crit un roman sur ses fantasmes, tout en multipliant des aventures sexuelles avec des jeunes Blanches de Westmount. Que ce soit Miz Litt&#233;rature, Miz Suicide ou Miz Sophisticated Lady, elles ont toutes en commun d'&#234;tre issues de la haute soci&#233;t&#233; canadienne et surtout, elles pr&#233;f&#232;rent les Noirs !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Arm&#233; de sa Remington 22 (sa machine &#224; &#233;crire), le narrateur fait claquer les mots. C'est sans ambages qu'il nous plonge dans un univers phallique, o&#249; l'oisivet&#233; et le plaisir charnel semblent r&#233;gner en ma&#238;tre. Toutefois, il a le m&#233;rite de ne jamais sombrer du c&#244;t&#233; de l'obsc&#232;ne, car sous ce sujet faussement l&#233;ger de la sexualit&#233;, il examine en r&#233;alit&#233; les relations entre les Blancs et les Noirs. L'acte sexuel a pour lui toute une dimension m&#233;taphysique, car il repr&#233;sente une relation de domination du Noir sur la Blanche, et indirectement, une revanche sur le pass&#233; douloureux des Noirs. Aussi, &#224; en croire l'auteur, le sexe reste le seul domaine dans lequel les Noirs sont &#233;gaux, sinon sup&#233;rieurs aux Blancs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Outre ce d&#233;bat racial tout &#224; fait &#233;tonnant, puisqu'il est ax&#233; sur la sexualit&#233;, Dany Laferri&#232;re a un incroyable sens de la formule qui donne &#224; son &#233;criture une r&#233;sonance particuli&#232;rement forte. Le pr&#233;sent de l'indicatif, v&#233;ritable marque de fabrique de cet auteur, anime tout son texte, comme s'il avait &#233;crit chaque mot sur le vif. &#192; travers une description dynamique et vivace qu'il nous livre du Montr&#233;al des ann&#233;es 80, avec ses quartiers, ses rues et ses marginaux, c'est tout une &#233;poque r&#233;volue qu'on voit d&#233;filer sous nos yeux. C'est une &#233;poque sur laquelle l'auteur revient avec nostalgie quinze ans plus tard dans un livre tout aussi passionnant, Je suis fatigu&#233; (2000).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#8220;Il fait EPOUVANTABLEMENT chaud. Le carr&#233; Saint-Louis est bourr&#233; d'ivrognes au torse nu. L'air est lourd et empeste la bi&#232;re. On r&#244;tit &#224; l'int&#233;rieur, l&#224;-haut. L'enfer, je vous dis. Bon, il me fallait cette raison pour descendre. Il n'y a que Belz&#233;buth qui puisse baiser par une temp&#233;rature pareille. Ses cris m'emmerdent. Du feu, c'est s&#251;r, doit sortir de sa gueule, l&#224;-haut.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Clameur des t&#233;n&#232;bres</title>
		<link>http://ubikuity.fr/La-Clameur-des-tenebres-Neil.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sat</dc:creator>

<category domain="http://ubikuity.fr/-Litterature-Livres-.html">Litt&#233;rature / Livres</category>

		<dc:subject>Neil Bissoondath</dc:subject>
		<dc:subject>La Clameur des t&#233;n&#232;bres</dc:subject>
		<dc:subject>Sri Lanka</dc:subject>
		<dc:subject>Joseph Conrad</dc:subject>
		<dc:subject>Narayan</dc:subject>

		<description>Hommage affich&#233; au livre de Joseph Conrad, Au C&#339;ur des t&#233;n&#232;bres, ce septi&#232;me roman de Neil Bissoondath transporte le lecteur au milieu d'une &#238;le. Paradisiaque, aurait-on tendance &#224; penser, et bien non. La Clameur des t&#233;n&#232;bres pourrait se passer dans un Sri Lanka &#224; peine dissimul&#233; en proie &#224; la guerre civile. &lt;br /&gt;Neil Bissoondath est n&#233; en 1955 &#224; Trinidad et Tobago d'anc&#234;tres indiens. Pour la petite anecdote, il est le neveu du prix Nobel de litt&#233;rature 2001 V.S. Naipaul et d'autres personnes de sa familles (...)


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ubikuity.fr/IMG/arton63.gif&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;320&quot; height=&quot;475&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Hommage affich&#233; au livre de Joseph Conrad, Au C&#339;ur des t&#233;n&#232;bres, ce septi&#232;me roman de Neil Bissoondath transporte le lecteur au milieu d'une &#238;le. Paradisiaque, aurait-on tendance &#224; penser, et bien non. La Clameur des t&#233;n&#232;bres pourrait se passer dans un Sri Lanka &#224; peine dissimul&#233; en proie &#224; la guerre civile.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Neil Bissoondath est n&#233; en 1955 &#224; Trinidad et Tobago d'anc&#234;tres indiens. Pour la petite anecdote, il est le neveu du prix Nobel de litt&#233;rature 2001 V.S. Naipaul et d'autres personnes de sa familles sont aussi &#233;crivains. Neil Bissoondath est l'auteur de huit romans (le dernier Cartes postales de l'enfer sort en 2009 chez Bor&#233;al) mais aussi d'un essai. Il est professeur de cr&#233;ation litt&#233;raire &#224; l'universit&#233; de Laval au Qu&#233;bec (Canada), o&#249; il enseigne notamment &#224; ses &#233;tudiants l'art de la fiction. Il respecte avant tout la vie propre &#224; chaque personnage et cela se ressent &#224; la lecture puisqu'une grande partie de l'int&#233;r&#234;t de ses romans tient aux personnages invent&#233;s, &#224; leur psychologie et leur background.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ne cherchez pas de messages dans les romans de Neil Bissoondath, il n'y en a pas. Du moins, c'est ce qu'affirme l'auteur qu&#233;b&#233;cois dans une interview publi&#233;e dans Centre France : &#171; Comprenez bien mon intention, je n'&#233;cris pas pour d&#233;livrer un message. Ce n'est pas la fonction du roman, mais celle de l'essai. La premi&#232;re chose que je dis &#224; mes &#233;tudiants est d'abandonner leurs id&#233;es &#224; la porte du cours. Elles ne m'int&#233;ressent pas. Seules m'int&#233;ressent les id&#233;es de leurs personnages. Une fiction doit &#233;mouvoir, distraire, questionner, bouleverser son lecteur. &#187;. Cette d&#233;claration, v&#233;ritable profession de foi du romancier est int&#233;ressante &#224; plus d'un titre. Que doit &#234;tre une fiction ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Neil Bissoondath ne dit jamais que ses romans ne comportent pas d'id&#233;es mais que l&#224; n'est pas son intention. Cependant &#224; la lecture de la Clameur des t&#233;n&#232;bres, une &#233;vidence s'impose : ces personnages cr&#233;&#233;s de toutes pi&#232;ces ont des id&#233;es, se battent pour leurs id&#233;es, meurent pour leurs id&#233;es. Le romancier s'est, certes effac&#233;, derri&#232;re ses personnages mais il leur donne la vie, il guide leurs pas. Regardons ce qu'en dit Neil Bissoondath : &#171; Les sujets de mes romans s'imposent &#224; moi, brusquement. Le personnage m'arrive avec son univers. Ma responsabilit&#233; de romancier est de le suivre o&#249; il va, de d&#233;voiler son monde, je suis souvent surpris par ce que je d&#233;couvre. Parfois choqu&#233; &#187;. Cette position peut &#234;tre critiquable car le romancier se cache derri&#232;re ses personnages et peut se d&#233;fendre disant &#171; ce n'est pas moi qui le dit, c'est mon personnage &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En tout &#233;tat de cause, d&#233;finir une fiction s'av&#232;re d&#233;licat et propre &#224; chacun. Dans La Clameur des t&#233;n&#232;bres, ce qui est int&#233;ressant c'est le m&#233;lange subtil de fiction et de r&#233;alit&#233; qui transparait au d&#233;tour des mots. Le Sri Lanka n'est jamais cit&#233; mais il n'est pas non plus dissimul&#233;. L'explication on la trouve encore dans cette interview de l'auteur : &#171; Si cette &#238;le n'a pas de nom, c'est &#224; dessein, pour que la fable garde son caract&#232;re universel. La v&#233;rit&#233; des faits, la v&#233;rit&#233; documentaire m'int&#233;resse moins que celle de la situation. &#187;. Neil Bissoondath s'affiche &#224; l'oppos&#233; d'un Russell Banks dont les romans puisent une grande partie de leur histoire dans la grande Histoire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette &#238;le fait certes penser au Sri Lanka, &#224; cause de la pr&#233;sence d'un conflit ethnique, mais son caract&#232;re universel est ind&#233;niable. Au Nord, il y a les riches et surtout LA capitale. Au Sud, les pauvres. Le roman commence, assez commun&#233;ment, par l'arriv&#233;e d'un jeune instituteur nanti du Nord, venu par vocation enseigner au Sud. Une grande partie du livre d&#233;crit l'arriv&#233;e et l'installation de Arun, le jeune professeur, handicap&#233; physiquement. Il d&#233;couvre assez rapidement que le conflit entre les Boys (alias les Tigres Tamouls) et le gouvernement gangr&#232;ne le village o&#249; il vit. Les traces de ce conflit sont visibles sur les corps (il fait cours &#224; quelques enfants tous mutil&#233;s) et les &#226;mes. Il fait notamment la rencontre d'une jeune fille, ayant arr&#234;t&#233; brusquement ses brillantes &#233;tudes au Nord pour revenir aider son p&#232;re boucher du village. Les &#171; on dit &#187;, les portes qui se referment, l'impossibilit&#233; d'enseigner seront le quotidien de Arun, qui se laisse peu &#224; peu submerger par la force des t&#233;n&#232;bres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne peux que vous conseiller ce roman pour la qualit&#233; des personnages cr&#233;&#233;s. Le style de l'&#233;crivain, ou devrais-je dire du traducteur, n'est pas des plus fluides mais il est tout &#224; fait convenable. Quand je le lisais j'avais l'impression que Bissoondath s'&#233;tait inspir&#233; de The Teacher de Narayan, un &#233;crivain indien du si&#232;cle pr&#233;c&#233;dent. La figure de l'instituteur est bien utilis&#233; pour d&#233;crire une situation sociale, politique et psychologique pas &#233;vidente &#224; vivre tous les jours.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Au cours de la matin&#233;e, cinq autres enfants &#233;taient arriv&#233;s d'un pas nonchalant, deux filles et trois gar&#231;ons, dont un qu'une m&#232;re en col&#232;re avait d&#251; faire entrer de force. Apr&#232;s l'avoir jet&#233; sur une chaise, elle &#233;tait sortie d'un air digne, sans un regard pour Arun, grosse femme soucieuse n'ayant pas un instant &#224; perdre. (&#8230;)
En contemplant sa classe, il comprit qu'on lui avait envoy&#233; les infirmes, ceux qui &#233;taient incapables pratiquement de tout travail manuel. De nombreux enfants se trouvaient toujours dehors, occup&#233;s &#224; nourrir les animaux, &#224; creuser la terre, &#224; sarcler et &#224; arroser les plantes aux c&#244;t&#233;s de leurs parents.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; La Clameur des t&#233;n&#232;bres&lt;/strong&gt;, traduit de l'anglais (Canada) par Paul Gagn&#233; et Lori Saint-Martin (Bor&#233;al, 2006 - Ph&#233;bus, 2007)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Enterrez-moi sous le carrelage</title>
		<link>http://ubikuity.fr/Enterrez-moi-sous-le-carrelage.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>shalinee</dc:creator>

<category domain="http://ubikuity.fr/-Litterature-Livres-.html">Litt&#233;rature / Livres</category>

		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Pavel Sanaiev</dc:subject>
		<dc:subject>Narrateur enfant</dc:subject>

		<description>Enterrez-moi sous le carrelage (Les Allusifs, 2009) est la premi&#232;re cr&#233;ation litt&#233;raire du r&#233;alisateur et sc&#233;nariste russe Pavel Sanaiev. Dans une verve tragi-comique, il nous livre le r&#233;cit burlesque et bouleversant d'une famille typiquement russe, mais pas si ordinaire qu'elle le parait. &lt;br /&gt;Sacha Sav&#233;liev, notre jeune narrateur de 10 ans, souhaite &#234;tre enterr&#233; sous le carrelage quand il mourra. Il pourra ainsi &#233;chapper aux vers et &#224; l'obscurit&#233;, et pourra regarder sa m&#232;re depuis une fente autant qu'il (...)


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ubikuity.fr/IMG/arton62.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;240&quot; height=&quot;240&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Enterrez-moi sous le carrelage (Les Allusifs, 2009) est la premi&#232;re cr&#233;ation litt&#233;raire du r&#233;alisateur et sc&#233;nariste russe Pavel Sanaiev. Dans une verve tragi-comique, il nous livre le r&#233;cit burlesque et bouleversant d'une famille typiquement russe, mais pas si ordinaire qu'elle le parait.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sacha Sav&#233;liev, notre jeune narrateur de 10 ans, souhaite &#234;tre enterr&#233; sous le carrelage quand il mourra. Il pourra ainsi &#233;chapper aux vers et &#224; l'obscurit&#233;, et pourra regarder sa m&#232;re depuis une fente autant qu'il le voudra. Dr&#244;le d'id&#233;e pour un petit gar&#231;on de son &#226;ge ! Mais celui-ci est persuad&#233; qu'il pourrira &#224; seize ans &#224; cause de sa sant&#233; pr&#233;caire. C'est en tout cas ce que lui r&#233;p&#232;te sa grand-m&#232;re parmi les autres insultes, cris et impr&#233;cations qu'elle prof&#232;re inlassablement &#224; son encontre, telle une vieille Anna Kar&#233;nine d&#233;jant&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avec beaucoup de na&#239;vet&#233; et de sinc&#233;rit&#233;, le petit Sacha nous d&#233;crit des sayn&#232;tes de sa vie quotidienne, o&#249; il est toujours question de la figure dominante de sa grand-m&#232;re. Celle-ci tente en vain d'effacer l'amour qu'il ressent pour sa m&#232;re (de qui il est s&#233;par&#233; depuis des ann&#233;es), et elle lui impose par ailleurs des r&#232;gles lourdes et absurdes qui le privent des joies ordinaires d'un enfant de son &#226;ge : Il doit sans cesse avaler toutes sortes de m&#233;dicaments, n'a pas le droit de suer, porte tout le temps des collants, etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toutefois, alors m&#234;me que nous commen&#231;ons &#224; compatir avec la frustration et les malheurs de notre jeune h&#233;ros, voil&#224; que l'auteur retourne la situation et nous d&#233;voile l'autre facette de sa grand-m&#232;re qui jusque-l&#224; nous est apparue &#233;touffante et possessive. On d&#233;couvre l'histoire tragique de cette femme bless&#233;e, endurcie par les d&#233;sillusions de sa vie et qui n'a qu'une raison de vivre : son petit Sacha. Nous comprenons alors que ses cris, ses insultes et ses menaces ne sont rien d'autre qu'un grand cri d'amour pour ce petit-fils qu'elle prot&#232;ge tant. M&#234;me si elle est loin de repr&#233;senter une grand-m&#232;re mod&#232;le, nous ne pouvons que l'admirer dans son abn&#233;gation pour son petit-fils et compatir avec sa folie maladive. Mais r&#233;ussira-t-elle &#224; gagner ainsi l'amour de Sacha, qui ne vit que dans l'espoir de revoir sa m&#232;re ? Voil&#224; la douloureuse probl&#233;matique de ce roman.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Enterrez-moi sous le carrelage est une belle exploration de la complexit&#233; de l'&#226;me humaine, qui peut aimer autant qu'elle est capable de faire souffrir. Avec ce livre, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Pavel Sanaiev&lt;/strong&gt; reste fid&#232;le &#224; ce brin de folie qui caract&#233;rise la litt&#233;rature russe, faite de r&#233;cits tragi-comiques et de personnages burlesques et &#233;mouvants. &#192; travers le personnage de cette grand-m&#232;re &#233;touffante et vocif&#233;rante, mais incroyablement d&#233;vou&#233;e pour son petit-fils, l'auteur nous montre que la violence n'est apr&#232;s tout qu'une des nombreuses expressions de l'amour.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Extrait :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#8220;Vous savez, V&#233;ra P&#233;trovna, quand j'ai fini de lui faire prendre son bain, je n'ai plus la force de vider la baignoire et je me lave dans la m&#234;me eau. (&#8230;) Je sais que lorsque j'y entre apr&#232;s lui, cette eau est comme un ruisseau qui coule sur mon &#226;me. Je pourrais la boire cette eau ! Il n'y a personne que j'aime ou que j'ai aim&#233; autant que lui ! C'est un petit imb&#233;cile qui s'imagine que sa m&#232;re l'aime encore plus, mais comment pourrait-elle l'aimer plus, d&#232;s l'instant qu'elle n'a pas autant souffert pour lui ? Une fois par mois, elle lui apporte un jouet : est-ce que c'est de l'amour, &#231;a ? Moi, je respire par lui, je ressens par ses sentiments ! (page 183)&#8221;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un h&#244;pital d'enfer</title>
		<link>http://ubikuity.fr/Un-hopital-d-enfer-Toby-Litt.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>shalinee</dc:creator>

<category domain="http://ubikuity.fr/-Litterature-Livres-.html">Litt&#233;rature / Livres</category>

		<dc:subject>Toby Litt</dc:subject>
		<dc:subject>Un h&#244;pital d'enfer</dc:subject>
		<dc:subject>National Health Service</dc:subject>

		<description>Toby Litt est un &#233;crivain britannique n&#233; en 1968 &#224; Bedford. Merveilleusement inventif et audacieux, il ne cesse de nous impressionner en renouvelant le style, le genre et le d&#233;cor de chaque nouveau roman. Un h&#244;pital d'enfer (Ph&#233;bus, 2008), son dernier livre traduit en fran&#231;ais nous offre une vision surr&#233;aliste du monde hospitalier, avec ses personnages d&#233;jant&#233;s et une intrigue diaboliquement haletante. Vous l'aurez compris : il ne s'agit pas d'un simple r&#233;cit de la vie &#224; l'h&#244;pital. &lt;br /&gt;Pourtant, tout (...)


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		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Toby Litt est un &#233;crivain britannique n&#233; en 1968 &#224; Bedford. Merveilleusement inventif et audacieux, il ne cesse de nous impressionner en renouvelant le style, le genre et le d&#233;cor de chaque nouveau roman. Un h&#244;pital d'enfer (Ph&#233;bus, 2008), son dernier livre traduit en fran&#231;ais nous offre une vision surr&#233;aliste du monde hospitalier, avec ses personnages d&#233;jant&#233;s et une intrigue diaboliquement haletante. Vous l'aurez compris : il ne s'agit pas d'un simple r&#233;cit de la vie &#224; l'h&#244;pital.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourtant, tout commence plut&#244;t bien, dans une ambiance tr&#232;s &#171; Urgences &#187;. Nous d&#233;couvrons l'histoire d'amour platonique d'une infirmi&#232;re, des rivalit&#233;s entre coll&#232;gues, et des micro histoires sur les patients qui n'ont rien de surprenant. Toutefois, au fur et &#224; mesure que la narration progresse, les masques commencent &#224; tomber : certains m&#233;decins se r&#233;v&#232;lent &#234;tre des satanistes, les infirmi&#232;res nymphomanes, les brancardiers adeptes du vaudou etc. Apr&#232;s une s&#233;ance de messe noire, c&#233;l&#233;br&#233;e en m&#234;me temps qu'un rite vaudou, des &#233;v&#233;nements &#233;tranges se produisent et plongent l'h&#244;pital dans un chaos. Un &#233;pais brouillard encercle le b&#226;timent, des patients gu&#233;rissent miraculeusement et des morts ressuscitent. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Toby Litt&lt;/strong&gt; pousse m&#234;me cette fantaisie un peu plus loin : La viande mang&#233;e plus t&#244;t s'extirpe des c&#244;tes bris&#233;es pour se transformer en vaches, poulets, cochons (voire chiens et chats). De la m&#234;me mani&#232;re, les organes expos&#233;s dans les bocaux de la morgue reprennent leur forme d'origine, &#224; l'instar de tout autre organisme capable de contenir la vie...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De rebondissements en rebondissements, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Toby Litt&lt;/strong&gt; nous entra&#238;ne ainsi dans une langue simple, fluide qui tranche avec la richesse all&#233;gorique de son histoire. Que ce soit les noms des personnages (le sinistre m&#233;decin l&#233;giste Dexter Von Sinistre ; Honey Hopeful, la sage-femme qui apporte de l'espoir, etc.) ou chaque &#233;v&#233;nement du r&#233;cit, tout a un double signification. Toujours dans cette m&#234;me perspective d'&#233;largir le sens du livre, l'auteur maintient un suspense interminable tout au long du roman, qui se prolonge m&#234;me apr&#232;s la lecture. En effet, les interpr&#233;tations du r&#233;cit et de son d&#233;nouement sont multiples, et il appartient au lecteur de les d&#233;chiffrer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S'agit-il des d&#233;boires de la National Health Service ? Ou le r&#234;ve d'un des patients dans le coma (comme nous le sugg&#232;re le sous-titre du livre en anglais &#171; a dream vision &#187;) ? Ou est-ce tout simplement notre propre cauchemar que nous visualisons en lisant ce roman ? ( je m'adresse l&#224; &#224; tous ceux qui ont une phobie de l'h&#244;pital comme moi). En tout cas, apr&#232;s avoir lu ce livre d'enfer, vous ne revisiterez plus l'h&#244;pital de la m&#234;me mani&#232;re !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Extrait :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Steele se pencha pour regarder sous le brouillard fant&#244;me &#8211; et tomba sur la chose la plus grotesque qu'il ait jamais vue de sa vie. Incapable, pour quelque raison, de se d&#233;placer normalement, un pas apr&#232;s l'autre, la femme se tenait le dos arqu&#233;, &#224; quatre pattes, comme quelqu'un qui tricherait en dansant au Limbo, en s'appuyant sur le dos. Son ventre toujours &#233;norme pointait vers le plafond, tout secou&#233; de coups, comme la carapace d'une tortue g&#233;ante de Galapagos. Elle &#233;tait nue, des veines bleues parcouraient sa peau comme la moisissure d'un fromage de Stilton, et ses longs cheveux balayaient le sol derri&#232;re elle telle une queue. Mais, plus &#233;trange encore, la t&#234;te du b&#233;b&#233; &#224; demi n&#233; sortait d'entre ses cuisses &#8211; les yeux grands ouverts, regardant droit devant lui ; il &#233;voquait un conducteur de tank...&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le moindre des mondes</title>
		<link>http://ubikuity.fr/Le-moindre-des-mondes-Sjon.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sat</dc:creator>

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		<dc:subject>Sjon</dc:subject>
		<dc:subject>chasse au renard</dc:subject>
		<dc:subject>Skugga-Baldur</dc:subject>
		<dc:subject>Baldur Skuggason </dc:subject>

		<description>Un monde de glace. Une nature omnipr&#233;sente. Le moindre des mondes. Publi&#233; en 2007 en fran&#231;ais (en 2005 en Islandais sous le titre Skugga-Baldur) aux &#233;ditions Payot &amp; Rivages, Le moindre des mondes est le 5&#232;me roman de Sj&#243;n. Cet ouvrage est un voyage dans les vall&#233;es gel&#233;es de l'Islande le temps d'une chasse aux renards. &lt;br /&gt;Sigurj&#243;n Birgir Sigur&#240;sson, de son nom de plume Sj&#243;n, nous transporte dans ce roman au c&#339;ur des montagnes enneig&#233;es de son pays : l'Islande. La culture islandaise nous est peu famili&#232;re (...)


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ubikuity.fr/IMG/arton53.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;180&quot; height=&quot;294&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Un monde de glace. Une nature omnipr&#233;sente. Le moindre des mondes. Publi&#233; en 2007 en fran&#231;ais (en 2005 en Islandais sous le titre Skugga-Baldur) aux &#233;ditions Payot &amp; Rivages, Le moindre des mondes est le 5&#232;me roman de Sj&#243;n. Cet ouvrage est un voyage dans les vall&#233;es gel&#233;es de l'Islande le temps d'une chasse aux renards.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sigurj&#243;n Birgir Sigur&#240;sson&lt;/strong&gt;, de son nom de plume &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sj&#243;n&lt;/strong&gt;, nous transporte dans ce roman au c&#339;ur des montagnes enneig&#233;es de son pays : l'Islande. La culture islandaise nous est peu famili&#232;re en France ou du moins nous est-elle souvent pr&#233;sent&#233;e au travers de la chanteuse &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Bj&#246;rk&lt;/strong&gt;. L&#224; encore nous n'&#233;chappons pas &#224; la r&#232;gle puisque &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sj&#243;n&lt;/strong&gt;, n&#233; en 1962, a &#233;t&#233; un des paroliers de l'artiste islandaise (sur les chansons &quot;Isobel&quot;, &quot;Bachelorette&quot;, &quot;Oceania&quot;). Il a collabor&#233; avec Lars Van Trier dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dancer in the Dark&lt;/i&gt;, et plus sp&#233;cifiquement sur la chanson &quot;I've Seen it All&quot;, qui a &#233;t&#233; nomin&#233;e en 2001 aux Oscars.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#8220;Soleil des revenants : telle est l'appellation que donnent les po&#232;tes &#224; leur amie la lune ; elle ne saurait mieux convenir qu'en cette nuit o&#249; sa p&#226;le clart&#233; cendr&#233;e baigne la touffe d'arbres sur la pente qui surplombe la ferme de Brekka.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sj&#243;n&lt;/strong&gt; est donc tout sauf un petit p&#234;cheur d'Islande nous racontant sa vie ! Bien au contraire, en remportant le Grand Prix de litt&#233;rature du Conseil nordique en 2005, il s'est impos&#233; comme l'un des &#233;crivains nordiques majeurs de la litt&#233;rature scandinave (au sens large). Reconna&#238;tre son talent de romancier peut sembler &#233;trange quand on sait qu'il &#233;crit essentiellement de la po&#233;sie (m&#234;me s'il laisse glisser aussi sa plume pour le th&#233;&#226;tre, les bandes dessin&#233;es et... le roman). Dans ses romans, la po&#233;sie est toujours pr&#233;sente, au d&#233;tour des phrases, au c&#339;ur et entre les mots. Le style est fluide, imag&#233;e, mystique par moment, on croirait &#234;tre en pr&#233;sence d'Odin, Thor et autres divinit&#233;s scandinaves. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sj&#243;n&lt;/strong&gt; sait nous transmettre toute cette culture islandaise, &#224; la fois germanique et viking, sans tomber dans le pi&#232;ge de la caricature. Car &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le moindre des mondes&lt;/i&gt; ne fait pas partie de ces livres qui s'apparentent &#224; des guides touristiques pour d&#233;couvrir un pays &#171; exotique &#187;. On apprend en effet peu de choses d'ordre factuel sur l'Islande.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8220;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les renardes au pelage roux comme la lande ressemblent tellement &#224; ces rochers &#233;tonnamment accueillants. Lorsqu'elles se tapissent aupr&#232;s d'eux, il n'y a aucun espoir de les distinguer du roc lui-m&#234;me, oh oui elles se montrent bien plus habiles que leurs blanches cousines dont la silhouette toujours se trahit en dessinant une t&#226;che jaune sur la neige glac&#233;e.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'histoire se d&#233;roule en 1883, dans un petit village de la vall&#233;e de Dalur, perdu au milieu des glaces. C'est l'hiver. Il est particuli&#232;rement rude. Le r&#233;v&#233;rend Baldur Skuggason d&#233;cide de partir &#224; la chasse aux renards, malgr&#233; l'annonce d'une temp&#234;te. Les quatre parties du r&#233;cit mettent en sc&#232;ne quatre personnages : le r&#233;v&#233;rend, Friorik, le botaniste, qui enterre Abba, une jeune fille trisomique qu'il a recueillie, et Halfdan Atlason, &#171; l'idiot du r&#233;v&#233;rend &#187;.
Tout oppose le botaniste au r&#233;v&#233;rend. L'un a fait de brillantes &#233;tudes de m&#233;decine au Danemark et est sensible &#224; la philosophie humaniste - il a sauv&#233; d'une mort probable la jeune Abba . L'autre est solitaire, cynique, plut&#244;t cruel et sanguinaire. Cette chasse aux renards &#8211; qui est l'objet du roman - sera l'occasion pour le botaniste de prendre sa revanche sur le r&#233;v&#233;rend. C'est au travers de passages litt&#233;raires assez mystiques que &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sj&#243;n&lt;/strong&gt; nous fait rencontrer les deux personnages. Leur duel s'apparentee &#224; une lutte entre des fant&#244;mes, comme si c'&#233;taient les vieux d&#233;mons de chacun qui s'affrontaient, comme si par la m&#233;tamorphose tout pouvait &#234;tre possible. Au fil des m&#233;saventures du r&#233;v&#233;rend, la rationalit&#233; reste gel&#233;e dans les glaces, elle s'efface peu &#224; peu ; le lecteur se laisse prendre au style de l'auteur qui nous prom&#232;ne dans les montagnes de Dalur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#8220;La renarde ferme les yeux. Et lorsqu'elle les ouvre &#224; nouveau, l'homme est parti.
Elle l&#232;ve la t&#234;te.
&#192; ce moment-l&#224;, le r&#233;v&#233;rend Baldur Skuggason Baldur Fils de l'Ombre, place son doigt sur la g&#226;chette. &#8221;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On ne peut conclure cette pr&#233;sentation sans &#233;voquer la qualit&#233; de la traduction d'&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Eric Boury&lt;/strong&gt;. Nous pouvons supposer que ce traducteur a bien respect&#233; la prose de &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sj&#243;n&lt;/strong&gt;, tant la po&#233;sie reste pr&#233;sente. Quoiqu'il en soit traduire &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le moindre des mondes&lt;/i&gt; n'est pas ais&#233;. Les mots s'enchainent et glissent tranquillement. Le fran&#231;ais se d&#233;couvre des tonalit&#233;s nordiques !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'h&#233;ritage nu</title>
		<link>http://ubikuity.fr/L-heritage-nu-Aharon-Appelfeld.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>shalinee</dc:creator>

<category domain="http://ubikuity.fr/-Litterature-Livres-.html">Litt&#233;rature / Livres</category>


		<description>Est-ce un &#233;ni&#232;me roman d'un &#233;crivain isra&#233;lien sur la Shoah ? S&#251;rement pas ! Aharon Appelfeld a su trouver sa propre voix dans cette litt&#233;rature de la Shoah d&#233;j&#224; tr&#232;s fournie. Voici une pr&#233;sentation de L'h&#233;ritage nu, un de ses nombreux romans... &lt;br /&gt;Aharon Appelfeld est un &#233;crivain isra&#233;lien n&#233; en 1932 &#224; Czernowitz en Bucovine. Survivant de la Shoah, il estime qu'il porte en lui un h&#233;ritage, celui du juda&#239;sme europ&#233;en. Dans l'h&#233;ritage nu, il explique que les juifs d'Europe, dans leur souci d'&#171; assimilation &#187; (...)


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ubikuity.fr/IMG/arton52.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;240&quot; height=&quot;240&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Est-ce un &#233;ni&#232;me roman d'un &#233;crivain isra&#233;lien sur la Shoah ? S&#251;rement pas ! Aharon Appelfeld a su trouver sa propre voix dans cette litt&#233;rature de la Shoah d&#233;j&#224; tr&#232;s fournie. Voici une pr&#233;sentation de L'h&#233;ritage nu, un de ses nombreux romans...&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aharon Appelfeld est un &#233;crivain isra&#233;lien n&#233; en 1932 &#224; Czernowitz en Bucovine. Survivant de la Shoah, il estime qu'il porte en lui un h&#233;ritage, celui du juda&#239;sme europ&#233;en. Dans l'h&#233;ritage nu, il explique que les juifs d'Europe, dans leur souci d'&#171; assimilation &#187; dans le monde occidental, avaient rejet&#233; leur propre culture avant la guerre. Pour Aharon Appelfeld, rejeter cet h&#233;ritage &#233;quivaut &#224; un rejet de soi, &#224; un suicide, et pour lui la Shoah n'est rien d'autre qu'une punition de ce m&#234;me rejet. En effet, aussi paradoxal que cela puisse para&#238;tre, c'est Satan (comprenez les Nazis) qui a ramen&#233; les juifs dits &#171; assimil&#233;s &#187; vers leur propre culture, en leur for&#231;ant &#224; se confronter &#224; leur propre identit&#233;, lorsqu'ils se trouvaient rassembl&#233;s dans les ghettos ou dans les camps de concentration.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aharon Appelfeld est aujourd'hui l'auteur d'une quarantaine de livres dont la plupart raconte la vie des Juifs en Europe avant et pendant la seconde guerre mondiale. Il refuse toutefois d'&#234;tre catalogu&#233; comme un &quot;&#233;crivain de la Shoah&quot;, mais se d&#233;finit lui-m&#234;me comme quelqu'un qui &#233;crit sur les hommes juifs. En tout cas, il a r&#233;ussi &#224; se distinguer dans cette litt&#233;rature d&#233;j&#224; fort riche, gr&#226;ce &#224; une &#233;criture puissante, rigoureuse et qu'il revendique comme d&#233;pourvue de toute abstraction.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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