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	<title>Ubikuity</title>
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	<description>Webzine pointu et curieux</description>
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		<title>Ubikuity</title>
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		<title>La vie r&#234;v&#233;e des plantes</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rapha&#235;lle</dc:creator>

<category domain="http://ubikuity.fr/-Litterature-Livres-.html">Litt&#233;rature / Livres</category>


		<description>Apr&#232;s plusieurs ann&#233;es d'exil, Kihyon, la trentaine, est revenu dans la maison familiale. Ce n'est que l&#224; qu'il a d&#233;couvert ce qui &#233;tait arriv&#233; &#224; son fr&#232;re. Ce roman, en trois mots, c'est des arbres, une famille et des secrets&#8230; une formule cor&#233;enne pour un roman sinueux. Ceux qui ont en t&#234;te les atmosph&#232;res du cin&#233;ma cor&#233;en contemporain n'auront aucun mal &#224; imaginer la couleur de ce roman pudique et tortur&#233;. &lt;br /&gt;&#171; Les critiques disent que j'&#233;volue lentement de l'abstraction vers le figuratif, du spirituel vers le (...)


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&lt;a href="http://ubikuity.fr/-Litterature-Livres-.html" rel="directory"&gt;Litt&#233;rature / Livres&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ubikuity.fr/IMG/arton92.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;400&quot; height=&quot;609&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Apr&#232;s plusieurs ann&#233;es d'exil, Kihyon, la trentaine, est revenu dans la maison familiale. Ce n'est que l&#224; qu'il a d&#233;couvert ce qui &#233;tait arriv&#233; &#224; son fr&#232;re. Ce roman, en trois mots, c'est des arbres, une famille et des secrets&#8230; une formule cor&#233;enne pour un roman sinueux. Ceux qui ont en t&#234;te les atmosph&#232;res du cin&#233;ma cor&#233;en contemporain n'auront aucun mal &#224; imaginer la couleur de ce roman pudique et tortur&#233;.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les critiques disent que j'&#233;volue lentement de l'abstraction vers le figuratif, du spirituel vers le mat&#233;riel. La vie r&#234;v&#233;e des plantes est, de tous mes romans, celui qui contient le plus d'&#233;l&#233;ments concrets.&lt;/i&gt; &#187; (Lee Seung-U, sur le site de son &#233;diteur [&lt;a href=&quot;http://ubikuity.fr/#nb1&quot; name=&quot;nh1&quot; id=&quot;nh1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] http://www.zulma.fr/auteur&#8212;lee-seung-u-104.html' &gt;1&lt;/a&gt;]). Apr&#232;s les dix premi&#232;res pages, &#231;a, on veut bien le croire. L'entr&#233;e en mati&#232;re est crue : Kihyon, en voiture, rabat une prostitu&#233;e et la conduit dans un motel. Pas pour lui mais pour son fr&#232;re a&#238;n&#233;, Uhyon, amput&#233; des deux jambes apr&#232;s avoir saut&#233; sur une mine pendant son service militaire. Kihyon s'en occupe pour &#233;viter &#224; sa m&#232;re de l'emmener au bordel sur son dos, comme elle le faisait par le pass&#233;, et surtout parce qu'il a une dette envers son fr&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lee Seung-U n'&#233;volue pas de l'abstrait vers le concret : il jongle avec les symboles et les int&#232;gre &#224; un r&#233;cit bien ancr&#233; dans la r&#233;alit&#233;. Le temps du roman est celui des fautes et des secrets : une narration fragment&#233;e, avec beaucoup de retours en arri&#232;re, et des r&#233;cits ench&#226;ss&#233;s. Le temps est aussi, bien &#233;videmment, celui de l'amour et de la qu&#234;te. La phrase &#224; retenir du roman : &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les arbres sont l'incarnation d'amours bris&#233;es&#8230;&lt;/i&gt; &#187;. Ces arbres jalonnent l'&#339;uvre, comme des personnages &#224; part enti&#232;re : ils sont les &#233;l&#233;ments qui permettent de passer du r&#233;el &#224; la mythologie, du r&#234;ve &#224; la vie. Jusqu'&#224; se demander si certains personnages ne seraient pas eux-m&#234;mes des arbres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le temps d'acclimatation au roman risque d'&#234;tre plus ou moins long selon la sensibilit&#233; de chacun... Cependant La vie r&#234;v&#233;e des plantes vaut la peine que l'on s'y attarde ; une fois dans ses profondeurs, on quitte la Cor&#233;e pour un endroit paradisiaque et hors du temps. La formule est simple et efficace : de l'amour et de la culpabilit&#233;. Chaque personnage a ses raisons d'agir, obscures. Toutes les questions qui naissent, l'auteur y r&#233;pond au compte goutte, jusqu'&#224; la derni&#232;re page : pourquoi Kyhon est parti et pourquoi se sent-il coupable ? qu'est-il r&#233;ellement arriv&#233; &#224; Uhyon ? quels secrets cachent les parents des deux fr&#232;res ? Autant de r&#233;ponses qui s'abritent &#224; l'ombre de la vie r&#234;v&#233;e des plantes ...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://ubikuity.fr/#nh1&quot; name=&quot;nb1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] http://www.zulma.fr/auteur&#8212;lee-seung-u-104.html&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Clangour (Sin Fang Bous)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fabien</dc:creator>

<category domain="http://ubikuity.fr/-Musique-Disques-.html">Musique / Disques</category>


		<description>Sindri M&#225;r Sigf&#250;sson, leader de Seabear, sort en 2008 l'album Clangour sur le label berlinois Morrmusic. L'album fleure Animal Collective, mais n'a rien d'une p&#226;le copie. Fait de bois, de vents, de voix, de percussions, Clangour est un ensemble de morceaux pour un orchestre bien particulier, &#224; la mesure du monde int&#233;rieur de l'Islandais, entre bois et plastique. &lt;br /&gt;&quot;We make something new out of things lost&quot; &lt;br /&gt;Sindri M&#225;r Sigf&#250;sson a pris son temps. &#192; 26 ans, il a voulu pr&#233;senter une autre facette de lui, se (...)


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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ubikuity.fr/IMG/arton91.png&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;260&quot; height=&quot;260&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Sindri M&#225;r Sigf&#250;sson, leader de Seabear, sort en 2008 l'album &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Clangour&lt;/i&gt; sur le label berlinois Morrmusic. L'album fleure Animal Collective, mais n'a rien d'une p&#226;le copie. Fait de bois, de vents, de voix, de percussions, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Clangour&lt;/i&gt; est un ensemble de morceaux pour un orchestre bien particulier, &#224; la mesure du monde int&#233;rieur de l'Islandais, entre bois et plastique.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;We make something new out of things lost&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sindri M&#225;r Sigf&#250;sson a pris son temps. &#192; 26 ans, il a voulu pr&#233;senter une autre facette de lui, se faire un cadeau, et mener une recherche dans le domaine de la pop. Si l'on entend bien du Seabear (son principal projet) dans cet album, on n'entend pas que &#231;a, et l'on s'aventure dans des terres proches d'Animal Collective voire de Pink Floyd, des territoires o&#249; les chamanes battent des rythmes &#224; vous faire entrer en transe, o&#249; les instruments ne sont pas ceux que l'on conna&#238;t, o&#249; les voix vous transportent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Une carte du monde de Sin Fang Bous&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sur une pochette d'une grande richesse, Sin Fang Bous se pr&#233;sente comme un dieu &#224; la barbe multicolore au milieu de ses instruments de puissance. Mais les couleurs vives et vari&#233;es rassurent bien vite sur le monde que renferme cet album.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les instruments pr&#233;sent&#233;s nous donnent un aper&#231;u de ce que l'on rencontrera : le piano, le xylophone, la guitare, le banjo voisinent avec de lourds beats &#233;lectroniques, avec les sons les plus artificiels, sortant tout droit des synth&#233;tiseurs de Sindri M&#225;r Sigf&#250;sson.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le volcan lui-m&#234;me crache de la lave multicolore, comme si rien ne pouvait vraiment &#234;tre dangereux dans le monde de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Clangour&lt;/i&gt;. Ce volcan est d'ailleurs confin&#233; &#224; deux dimensions, &#233;tant simplement fait de papier, la nature du monde musical de Sin Fang Bous devant passer par l&#224; pour nous &#234;tre communiqu&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Du bois, du feu, du sang&#8230; et du plastique, des beats et des bits.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout au long de l'album, les claquements de mains, les sifflements, le piano, la guitare, le banjo (accord&#233;s ou non), le xylophone, la cornemuse fr&#233;quentent les beats les plus &#233;lectros, les sons les plus synth&#233;tiques. Et plus que se contenter de voisiner, ils s'acoquinent. Les sons les plus organiques sont retravaill&#233;s par le num&#233;rique, les voix sont sampl&#233;es, offrant au passage &#224; Sin Fang Bous le divin don d'ubiquit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Clangour&lt;/i&gt; est alors un album de l'union, o&#249; organique et synth&#233;tique enfantent une musique riche, o&#249; les instruments de l'orchestre ne sont pas seulement ceux que l'on conna&#238;t. Les ch&#339;urs sont faits de voix multipli&#233;es par le miracle de la technologie. Les percussions sont tour &#224; tour ou tout &#224; la fois des claquements de mains ou des pieds &#233;lectro bien lourds. Les cordes sont celles du banjo, du piano, de la guitare, passant parfois par le filtre num&#233;rique. Les vents sont cornemuses, fl&#251;tes, presque classiquement, ou sifflements et voix que la machine a dig&#233;r&#233;s avant de les fournir &#224; nouveau, plus vraiment organiques, pas tout &#224; fait num&#233;riques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La parole de Sin Fang Bous pour peupler les paysages musicaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour Sin Fang Bous comme pour tout d&#233;miurge, le verbe &#224; son importance, et les paroles de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Clangour&lt;/i&gt; font honneur aux petites sc&#232;nes que cr&#233;e la musique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est question de bois, de sang, d'eau, de toucher, d'odorat, d'arbres et de bois, de feu, de fum&#233;e tout au long de l'album. Les r&#233;f&#233;rences au vieillissement, &#224; la jeunesse, au pourrissement propres &#224; l'organique sont l&#233;gions, tout comme celles &#224; la m&#233;moire. Les impressions fournies par les sens se transforment en souvenirs, du corps &#224; l'esprit, les sensations deviennent des images qui restent en m&#233;moire. La fusion avec la nature est souvent &#233;voqu&#233;e, pour elle-m&#234;me ou pour la m&#233;taphore. La Nature et la nature humaine sont tr&#232;s pr&#233;sentes, et se fondent l'une dans l'autre. Le corps et l'esprit fonctionnent de concert, et semblent d&#233;fier le temps par le miracle du souvenir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Un petit tour dans le monde de Sin Fang Bous&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les morceaux ont tous une personnalit&#233; bien marqu&#233;e, quitte &#224; risquer l'&#233;parpillement par moments, comme avec &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Melt down the knives&lt;/i&gt;, paraissant presque trop sage avec sa formation et ses riffs de guitare simples.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les influences se font clairement sentir du c&#244;t&#233; d'Animal Collective et Panda Bear. Les rythmes sont entra&#238;nants, voire hypnotiques parfois, avec des scansions, des boucles qui ont vite fait de vous transporter vers des horizons m&#233;connus du petit monde de Sin Fang Bous. On croise &#233;galement Pink Floyd ou Mercury Rev (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Carry me up to smell pine&lt;/i&gt;), avec ces ambiances planantes, cette atmosph&#232;re aux longues plages sonores. Mais si les influences ou les affinit&#233;s sont bien l&#224;, jamais les morceaux ne se contentent d'&#234;tre de simples copies.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sin Fang Bous sait nous faire voyager et sait comment nous mener l&#224; o&#249; il le veut, l'exemple le plus flagrant &#233;tant peut-&#234;tre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Lies&lt;/i&gt;, morceau presque figuratif tant l'on semble assister &#224; la cr&#233;ation d'un paysage au fur et &#224; mesure que le morceau se d&#233;roule. L'ouverture de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Or du Rhin&lt;/i&gt; de Wagner n'est pas loin, mais l&#224; encore, si l'on d&#233;c&#232;le l'influence, rien ne semble imitation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; chaque nouvelle plage, un v&#233;ritable orchestre d'instruments d&#233;cal&#233;s est mis en branle, et si la vari&#233;t&#233; et l'originalit&#233; ont toute leur place, les morceaux ne semblent jamais brouillons, les sons ne s'&#233;touffent pas, tout &#233;tant savamment orchestr&#233; par le d&#233;miurge Sindri M&#225;r Sigf&#250;sson. Et la ma&#238;trise est telle qu'elle n'est jamais tape &#224; l'&#339;il, que la vie et la respiration des morceaux ne sont jamais &#244;t&#233;s ou mis au second plan.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sin Fang Bous explore la musique et nous d&#233;voile des arpents de son monde dans ce vaste univers qu'est la pop. Pour cela, il convie les instruments &#224; sa mesure et use de tout les moyens n&#233;cessaires. Malgr&#233; la structure parfois complexe de certains morceaux, chacun se retient et l'&#233;coute de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Clangour&lt;/i&gt; laisse de nombreux souvenirs, comme autant de paysages qui vous marquent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Lies&lt;/i&gt; voit la machine s'affoler, le num&#233;rique reprendre ses droits, rappelant que le disque n'est qu'un m&#233;dium, qu'il n'est qu'un canal qui aura permis &#224; Sin Fang Bous de nous communiquer quelques visions de son monde. Et on le remercie sinc&#232;rement pour ces jolies images sonores.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Fille sans qualit&#233;s</title>
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		<dc:creator>Rapha&#235;lle</dc:creator>

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		<description>O&#249; est la v&#233;rit&#233; ? C'est le fil d'Ariane de La fille sans qualit&#233;s, deuxi&#232;me roman de Juli ZEH. Traduit de l'Allemand en 2007, l'oeuvre a pour titre original Spieltrieb, litt&#233;ralement, &#171; le jeu du mensonge &#187;. Quand un tandem de g&#233;nies adolescents prend pour &#233;chiquier un lyc&#233;e tout entier, pions et strat&#233;gies se r&#233;v&#232;lent au lecteur. &lt;br /&gt;Le titre fran&#231;ais fait r&#233;f&#233;rence &#224; une &#339;uvre de l'Autrichien Robert Musil, L'homme sans qualit&#233;s, un roman fleuve de trois tomes paru en France en 1956 (et pour faire couler, une (...)


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;O&#249; est la v&#233;rit&#233; ? C'est le fil d'Ariane de La fille sans qualit&#233;s, deuxi&#232;me roman de Juli ZEH. Traduit de l'Allemand en 2007, l'oeuvre a pour titre original &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Spieltrieb&lt;/i&gt;, litt&#233;ralement, &#171; le jeu du mensonge &#187;. Quand un tandem de g&#233;nies adolescents prend pour &#233;chiquier un lyc&#233;e tout entier, pions et strat&#233;gies se r&#233;v&#232;lent au lecteur.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le titre fran&#231;ais fait r&#233;f&#233;rence &#224; une &#339;uvre de l'Autrichien Robert Musil, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'homme sans qualit&#233;s&lt;/i&gt;, un roman fleuve de trois tomes paru en France en 1956 (et pour faire couler, une traduction en fran&#231;ais par le po&#232;te Philippe JACOTTET). L'homme sans qualit&#233;s, c'est l'Homme sous toutes ses formes et dans tous les &#233;tats possibles, qui s'incarne dans chacun des personnages de cette cath&#233;drale de la litt&#233;rature. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Fille sans qualit&#233;s&lt;/i&gt;, c'est aussi un pav&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est surtout Ada, 14 ans, surdou&#233;e, peinte avec des traits d'adolescente exacerb&#233;s ; une fille &#8220;pas tr&#232;s belle&#8221;, herm&#233;tique, apparemment sans &#226;me, et que rien ne distingue. En marge des autres &#233;l&#232;ves de la bo&#238;te &#224; bac dans laquelle elle est inscrite&#8230; jusqu'&#224; l'arriv&#233;e d'un nouvel &#233;l&#232;ve, Alev, roi vagabond et sans peuple. D&#232;s lors, la chasse est ouverte. Ada, amoureuse devient une proie &#224; asservir. Elle a la force d'un pr&#233;dateur ; c'est une machine de guerre. L'un contre l'autre &#8211; au propre comme au figur&#233; &#8211; ils manipulent &#233;l&#232;ves et professeurs, percent des intentions et d&#233;couvrent des secrets&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si Ada a peur, on a peur. Si elle souffre on souffre avec elle ; mais Ada relativise toujours, analyse et expose, &#224; elle-m&#234;me, &#224; nous. Juli ZEH raconte d'une voix atone : elle ma&#238;trise son style et pousse le lecteur &#224; l'analyse clinique et raisonn&#233;e des faits et des personnages. Elle h&#233;rite de Musil un go&#251;t pour l'essai romanesque, pour chacune des th&#233;ories erron&#233;es parfois&#8211; qui portent les diff&#233;rents personnages. Malgr&#233; quelques longueurs et le cap du pr&#233;ambule difficile &#224; franchir, beaucoup d'enseignements sont &#224; tirer de la lecture.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Unique d&#233;ception, pour conclure, la jolie couverture de l'&#233;dition fran&#231;aise : couleurs harmonieuses et nymphette, loin d'Ada, &#8220;blonde, de constitution robuste, [&#8230;] la bouche large et les poignets solides&#8221; .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Extrait.&lt;/strong&gt; Ada vient de subir l'agression d'autres &#233;l&#232;ves... elle analyse la situation : &#171; A peine quelques minutes plus tard, l'euphorie s'&#233;tait dissip&#233;e. Volatilis&#233;e : chimie c&#233;r&#233;brale. Ada se sentait tr&#232;s mal. L'heure de cours &#233;tait &#224; moiti&#233; pass&#233;e.[&#8230;] Le pire, c'&#233;tait cette soudaine envie de parler &#224; quelqu'un. Pas forc&#233;ment de ce qui s'&#233;tait pass&#233;. De n'importe quoi. De Schr&#246;der. De l'Irak. Du quatre vingt dixi&#232;me anniversaire de la perte des valeurs en Europe occidentale. Ca faisait tellement longtemps qu'elle n'avait pas ressenti ce d&#233;sir qu'il fallait d'abord l'identifier et le classer comme une plante rare, un chardon menac&#233; d'extinction. En essayant de l'arracher comme une mauvaise herbe, elle sentit les piquants dans ses mains. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Coraline</title>
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		<dc:creator>Simon JB</dc:creator>

<category domain="http://ubikuity.fr/-Cinema-Films-.html">Cin&#233;ma / Films</category>


		<description>Une famille d&#233;m&#233;nageant dans une vieille maison un peu &#233;trange. Une petite fille aux cheveux bleus et &#224; l'imagination d&#233;bordante. Une poup&#233;e inqui&#233;tante, et un tunnel secret qui permet de s'&#233;chapper du quotidien. Henry Selick revient au film d'animation en stop-motion et propose un conte visuellement tr&#232;s impressionant. &lt;br /&gt;Henry Selick est un habitu&#233; de l'animation en stop-motion, d&#233;j&#224; auteur du superbe l'Etrange No&#235;l de Mr Jack, de James et la p&#234;che g&#233;ante ou plus r&#233;cemment de la faune marine bariol&#233;e de (...)


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&lt;a href="http://ubikuity.fr/-Cinema-Films-.html" rel="directory"&gt;Cin&#233;ma / Films&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ubikuity.fr/IMG/arton89.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;399&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Une famille d&#233;m&#233;nageant dans une vieille maison un peu &#233;trange. Une petite fille aux cheveux bleus et &#224; l'imagination d&#233;bordante. Une poup&#233;e inqui&#233;tante, et un tunnel secret qui permet de s'&#233;chapper du quotidien. Henry Selick revient au film d'animation en stop-motion et propose un conte visuellement tr&#232;s impressionant.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Henry Selick est un habitu&#233; de l'animation en stop-motion, d&#233;j&#224; auteur du superbe &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;l'Etrange No&#235;l de Mr Jack&lt;/strong&gt;, de &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;James et la p&#234;che g&#233;ante&lt;/strong&gt; ou plus r&#233;cemment de la faune marine bariol&#233;e de &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;la Vie Aquatique&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il porte ici &#224; l'&#233;cran un conte fantastique pour enfants &#233;crit par Neil Gaiman : l'histoire de Coraline, une petite fille affubl&#233;e d'une imagination d&#233;bordante et de parents r&#233;guli&#232;rement d&#233;bord&#233;s. Suite au d&#233;m&#233;nagement de la famille dans une dr&#244;le de maison isol&#233;e (Shining n'est pas loin), elle d&#233;couvre un myst&#233;rieux passage souterrain. Au bout de ce corridor secret, un univers alternatif et merveilleux, avec d'autres parents, beaucoup plus dynamiques et attentifs que les vrais. Seul hic, comme des poup&#233;es de chiffons, ceux-ci ont des boutons &#224; la place des yeux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces boutons ne repr&#233;sentent que l'une des visions les plus d&#233;rangeantes du film. Pendant une heure et demie, c'est une avalanche d'images spectaculaires et de prouesses graphiques qui submerge le spectateur, issues d'un imaginaire fantastique &#233;tonnamment tortur&#233; pour un film pour enfant. Meubles insectes, fant&#244;mes, araign&#233;es g&#233;antes, on ne d&#233;voilera pas toutes les id&#233;es pour ne pas g&#226;cher la surprise mais celles-ci se multiplient exponentiellement au cours du film, chaque sc&#232;ne recelant sa petite trouvaille. Coraline est tr&#232;s loin de l'imaginaire fig&#233; et du gothique de pacotille de &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Corpse Bride&lt;/strong&gt; : Selick trouve dans le livre de Neil Gaiman un univers &#224; la fois enracin&#233; dans les contes populaires et moderne, jamais r&#233;ellement novateur mais pourtant dot&#233; d'une identit&#233; propre. Le sc&#233;nario n'est pas parfait et c'est d'ailleurs l'une des faiblesses du film, moins touchant que pr&#233;vu, peut-&#234;tre parce que les personnages manquent paradoxalement de chair ; la beaut&#233; esth&#233;tique de l'ensemble lui donne en contrepartie un aspect de livre d'image un peu froid.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Coraline est d'une certaine fa&#231;on le pendant cin&#233;matographique de certains livres &quot;pour enfants&quot; de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Serge Brussolo&lt;/i&gt; (au hasard, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Peggy Sue et les fant&#244;mes&lt;/strong&gt;) : une s&#233;rie de visions accumul&#233;es, chacune plus &#233;tonnante que la pr&#233;c&#233;dente ; le film ne semble exister que par cette vitesse, trouvant son moteur dans une fr&#233;n&#233;sie graphique continuelle. Car apr&#232;s avoir exp&#233;riment&#233; le m&#233;lange entre images r&#233;elles et animation dans &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;James et la p&#234;che g&#233;ante&lt;/strong&gt;, c'est cette fois le num&#233;rique et la 3D qui font leur apparition dans l'univers d'Henry Selick. Malgr&#233; les prouesses de Pixar et consorts ces derni&#232;res ann&#233;es, l'animation stop-motion garde un charme artisanal, une belle raideur &#224; la fois un peu inqui&#233;tante (les mouvements saccad&#233;s des personnages) et confortable. Le num&#233;rique, lui, vient progressivement grignoter l'image du film : il ne l'affadit pas, il la dissout, comme dans cette sc&#232;ne o&#249; Coraline marche dans un verger qui se d&#233;sagr&#232;ge progressivement autour d'elle, de plus en plus g&#233;om&#233;trique et abstrait pour finir en un amas de pixels.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Peu d'&#233;chappatoire pour Coraline : si le monde merveilleux de tous les possibles se r&#233;v&#232;le inqui&#233;tant, le r&#233;el et ses contraintes reste une solution de repli bien peu satisfaisante. Les poup&#233;es ne peuvent pas grand chose face &#224; la solitude des petites filles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La nature humaine selon Edward O. Wilson (2)</title>
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		<description>Seconde partie du dossier consacr&#233; &#224; Edward O. Wilson et &#224; la sociobiologie. Si vous n'avez pas encore lu la premi&#232;re partie, il vaut mieux commencer par l&#224; ! &lt;br /&gt;La sociobiologie soutient donc, d'une part, que les hommes naissent naturellement dot&#233;s de certaines facult&#233;s s&#233;lectionn&#233;es par l'&#233;volution de l'esp&#232;ce humaine et, d'autre part, que les institutions, produites par les comportements sociaux individuels agr&#233;g&#233;s, sont en partie d&#233;termin&#233;es par ces m&#234;mes facult&#233;s. Mais cela ne contredit-il pas une (...)


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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ubikuity.fr/IMG/arton88.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;610&quot; height=&quot;412&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Seconde partie du dossier consacr&#233; &#224; Edward O. Wilson et &#224; la sociobiologie. Si vous n'avez pas encore lu la &lt;a href=&quot;http://ubikuity.fr/La-nature-humaine-selon-Edward-O.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;premi&#232;re partie&lt;/a&gt;, il vaut mieux commencer par l&#224; !&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La sociobiologie soutient donc, d'une part, que les hommes naissent naturellement dot&#233;s de certaines facult&#233;s s&#233;lectionn&#233;es par l'&#233;volution de l'esp&#232;ce humaine et, d'autre part, que les institutions, produites par les comportements sociaux individuels agr&#233;g&#233;s, sont en partie d&#233;termin&#233;es par ces m&#234;mes facult&#233;s. Mais cela ne contredit-il pas une fois encore la diversit&#233; pr&#233;c&#233;demment mentionn&#233;e des cultures humaines ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il n'est pas douteux, en effet, que les soci&#233;t&#233;s humaines soient tr&#232;s vari&#233;es, ni que la plasticit&#233; des comportements humains soit bien sup&#233;rieure &#224; celle des comportements des autres esp&#232;ces animales. Mais l'opposition st&#233;rile entre l'unicit&#233; de la nature humaine et la multiplicit&#233; des cultures humaines doit &#234;tre d&#233;pass&#233;e, et les hypoth&#232;ses de la sociobiologie rendent possible ce d&#233;passement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout d'abord, la diversit&#233; culturelle dont il est question ne rel&#232;ve pas empiriquement de la pure multiplicit&#233;. Si tel &#233;tait le cas, alors les cultures seraient incapables de se comprendre les unes les autres et les hommes de se reconna&#238;tre comme tels. Et ces deux cons&#233;quences sont manifestement fausses. Le simple fait de constater la diversit&#233; de l'humanit&#233; pr&#233;suppose que les diff&#233;rents groupes humains puissent &#234;tre regroup&#233;s sous ce concept d'humanit&#233;, qu'ils constituent &#233;videmment une communaut&#233; naturelle transcendant les divisions culturelles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ensuite, s'il est vrai que les institutions sont enracin&#233;es dans le patrimoine g&#233;n&#233;tique adaptatif de l'esp&#232;ce, cela n'implique pas pour autant que les institutions soient enti&#232;rement d&#233;termin&#233;es par ce patrimoine. Par exemple, la pulsion d'&#233;vitement de l'inceste contraint les soci&#233;t&#233;s humaines &#224; adopter des codes prohibant des unions consanguines, mais elle ne les contraint pas &#224; adopter un certain code. Dans la mesure m&#234;me o&#249; ils sont capables de rationaliser et d'exprimer symboliquement leurs pulsions, les hommes ont, en partie, la charge d'instituer les formes sociales selon lesquelles ils vont vivre et manifester leurs inclinations naturelles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Enfin, les hypoth&#232;ses de la sociobiologie n'impliquent pas n&#233;cessairement un strict d&#233;terminisme g&#233;n&#233;tique, c'est-&#224;-dire qu'elles n'impliquent pas que tel g&#232;ne particulier cause invariablement et in&#233;luctablement un trait ph&#233;notypique particulier. En effet, la g&#233;n&#233;tique a d&#233;couvert que l'expression d'un g&#232;ne est modul&#233;e par son interaction avec l'environnement et que chaque g&#232;ne a une norme de r&#233;action qui est l'ensemble des diff&#233;rentes manifestations ph&#233;notypiques lui &#233;tant associ&#233;es, selon les diff&#233;rents environnements dans lesquels il s'exprime. Bien &#233;videmment, la norme de r&#233;action est plus ou moins importe selon les g&#232;nes. Certains d'entre eux d&#233;terminent tr&#232;s fortement le ph&#233;notype, qui ne varie quasiment pas selon les milieux. Certains autres, au contraire, d&#233;terminent tr&#232;s l&#226;chement le ph&#233;notype, qui peut alors varier &#233;norm&#233;ment en fonction de l'environnement. Compte tenu de cela, il est ais&#233; d'expliquer comment la sociobiologie articule l'unicit&#233; de la nature humaine avec la diversit&#233; des comportements sociaux : la nature humaine est constitu&#233;e de programmes universels dont l'expression modul&#233;e par l'interaction des g&#232;nes et de l'environnement socioculturel cause une partie notable des variations interculturelles et interindividuelles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ailleurs, le mod&#232;le g&#233;n&#233;ral de la sociobiologie permet aussi de corriger le concept d'universel anthropologique et de modifier ainsi l'interpr&#233;tation des donn&#233;es ethnographiques pr&#233;c&#233;demment mentionn&#233;es. Un universel anthropologique ne doit plus &#234;tre con&#231;u comme un trait se rencontrant effectivement dans tous les cas observables, mais comme une moyenne statistique, dont l'&#233;cart-type est plus ou moins important &#8211; et probablement jamais nul, au contraire de ce qu'imposait l'ancienne signification du concept - ou bien, plus g&#233;n&#233;ralement, comme un trait physique ou social vers lequel convergent effectivement, de fa&#231;on remarquable, les hommes ou les groupes culturels humains. Cette nouvelle conception de l'universel anthropologique permet d'en d&#233;gager de nombreux des donn&#233;es ethnographiques, parmi lesquels, p&#234;le-m&#234;le : l'&#233;vitement de l'inceste, la symbolisation des contenus mentaux, la valorisation du statut social, les comportements altruistes et x&#233;nophobes, la division en trois-quatre couleurs primaires, la division en phon&#232;mes, les comportements contractuels, la famille nucl&#233;aire, la division sexuelle des t&#226;ches sociales, les mimiques faciales, etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La sociobiologie parvient donc, semble-t-il, &#224; concilier l'unicit&#233; de la nature humaine avec la diversit&#233; des cultures et des comportements sociaux, ainsi qu'&#224; comprendre l'existence de certains universaux culturels, en expliquant que les ph&#233;nom&#232;nes sociaux sont caus&#233;s, au moins en partie, par l'interaction entre des pr&#233;dispositions &#233;pig&#233;n&#233;tiques universelles, h&#233;rit&#233;es de l'&#233;volution adaptative de l'esp&#232;ce humaine, et des situations environnementales socioculturelles qui modulent l'expression de ces derni&#232;res. Elle permet aussi, ce faisant, de concilier les sciences naturelles et les sciences sociales, en se proposant d'&#233;tablir une anthropologie solide et pertinente, capable de fournir une partie des principes dynamiques du comportement social humain et des &#233;volutions sociales.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela &#233;tant dit, n'est-il pas envisageable que, dans la mesure o&#249; elle s'efforce de d&#233;couvrir et d'&#233;tudier les inclinations et les contraintes naturelles qui structurent le comportement humain et l'&#233;volution sociale, la sociobiologie puisse int&#233;resser, outre les sp&#233;cialistes des sciences sociales, les th&#233;oriciens et les hommes politiques ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Etant vraisemblable qu'une pratique humaine et qu'une th&#233;orie de la pratique humaine sont d'autant plus pertinentes et efficaces qu'elles connaissent bien le domaine auquel elles se rapportent, il est tr&#232;s probable que la sociobiologie soit amen&#233;e, &#224; l'instar des sciences sociologiques et &#233;conomiques, &#224; int&#233;resser les sp&#233;cialistes des choses politiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toutefois, et bien qu'on l'en ait souvent accus&#233;e, elle ne saurait en aucune fa&#231;on justifier le discours d'un th&#233;oricien politique qui &#233;l&#232;verait au rang d'id&#233;aux &#171; naturels &#187; du politique les contraintes et les pr&#233;dispositions qu'elle examine. Et ce pour une raison au moins : si la nature humaine est adaptative, c'est-&#224;-dire si elle est r&#233;ellement le produit de l'&#233;volution de l'esp&#232;ce humaine, elle n'est plus, en partie du moins, adapt&#233;e aux environnements culturels contemporains. En effet, selon toute vraisemblance, la nature humaine s'est constitu&#233;e au pal&#233;olithique. Et elle &#233;tait alors adaptative et adapt&#233;e. Mais, l'&#233;volution culturelle s'effectuant bien plus rapidement que l'&#233;volution biologique, les populations humaines sont amen&#233;es &#224; vivre aujourd'hui dans des environnements profond&#233;ment diff&#233;rents (les soci&#233;t&#233;s industrielles, par exemple) pour lesquels elles ne sont pas correctement adapt&#233;es. Ce d&#233;calage entre les pr&#233;dispositions et l'environnement explique, par exemple, que les hommes soient toujours altruistes, alors m&#234;me que la consanguinit&#233; des communaut&#233;s dans lesquelles ils vivent, consanguinit&#233; qui constituait l'une des conditions environnementales qui rendaient ce comportement adapt&#233;, est bien plus faible aujourd'hui qu'autrefois. Le sexisme et la x&#233;nophobie, m&#234;me s'ils sont naturels, n'en sont pas pour autant n&#233;cessairement adapt&#233;s aux nouveaux environnements que sont les soci&#233;t&#233;s industrielles, ni forc&#233;ment dignes d'&#234;tre &#233;lev&#233;s au rang d'id&#233;aux politiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La sociobiologie n'est que l'&#233;tude scientifique syst&#233;matique des bases biologiques du comportement social (humain et animal), et il serait tout &#224; fait faux et malhonn&#234;te de voir en elle une id&#233;ologie, aux allures scientifiques et au service d'une politique quelconque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La nature humaine selon Edward O. Wilson (1)</title>
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		<description>Cet article constitue la premi&#232;re partie d'un dossier consacr&#233; &#224; la question de la nature humaine, vue &#224; travers le prisme de la sociobiologie et notamment d'un de ses repr&#233;sentants : Edward O. Wilson. &lt;br /&gt;Le concept philosophique de nature humaine signifie traditionnellement que les hommes, &#224; l'instar de tous les &#234;tres vivants, sont dot&#233;s de certains traits corporels, mentaux et comportementaux, caract&#233;ristiques de leur esp&#232;ce. Aristote concevait, par exemple, les hommes comme des animaux (...)


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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ubikuity.fr/IMG/arton87.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;650&quot; height=&quot;450&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Cet article constitue la premi&#232;re partie d'un dossier consacr&#233; &#224; la question de la nature humaine, vue &#224; travers le prisme de la sociobiologie et notamment d'un de ses repr&#233;sentants : Edward O. Wilson.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le concept philosophique de nature humaine signifie traditionnellement que les hommes, &#224; l'instar de tous les &#234;tres vivants, sont dot&#233;s de certains traits corporels, mentaux et comportementaux, caract&#233;ristiques de leur esp&#232;ce. &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Aristote&lt;/strong&gt; concevait, par exemple, les hommes comme des animaux naturellement sociables et rationnels, tandis que &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Thomas Hobbes&lt;/strong&gt; se les figurait comme des animaux naturellement craintifs et port&#233;s &#224; l'inimiti&#233;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Nature humaine et diversit&#233; culturelle&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant, croire que l'esp&#232;ce humaine est caract&#233;ris&#233;e par certains traits naturels implique de croire que ces traits sont universellement partag&#233;s par les hommes, quelles que soient, par ailleurs, la culture et l'&#233;poque consid&#233;r&#233;es. En effet, par d&#233;finition, un trait naturel sp&#233;cifique est un trait qui se rencontre chez tous les individus d'une esp&#232;ce, au contraire d'un trait culturel, qui peut ne s'observer qu'au sein d'une certaine culture.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or, l'exp&#233;rience ordinaire comme les travaux ethnographiques paraissent plut&#244;t sugg&#233;rer que les institutions culturelles et les comportements sociaux humains sont d'une grande diversit&#233;. Illustr&#233;e par l'&#339;uvre litt&#233;raire et philosophique de Michel de Montaigne, et th&#233;oris&#233;e par &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Franz Boas&lt;/strong&gt;, cette vari&#233;t&#233; extr&#234;me du monde humain para&#238;t contredire nettement l'existence d'universaux anthropologiques et culturels et, par voie de cons&#233;quence, la r&#233;alit&#233; d'une nature humaine. Comment, en effet, est-il possible de soutenir que les hommes sont par naissance dot&#233;s de traits communs &#224; toute l'esp&#232;ce, si seule une pure diversit&#233; de traits est effectivement observable ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S'appuyant sur cet axiome de l'irr&#233;ductible diversit&#233; des cultures humaines, et reprenant de facto la croyance traditionnelle en une rupture ontologique entre les hommes et les animaux, qui justifie l'actuelle polarisation de la communaut&#233; scientifique entre les sciences de la culture et les sciences de la nature, les sciences sociales se sont progressivement constitu&#233;es et d&#233;velopp&#233;es au sein d'un paradigme culturaliste radical, selon lequel toute r&#233;alit&#233; humaine est en derni&#232;re instance d&#233;termin&#233;e par la culture. Pour le dire plus pr&#233;cis&#233;ment, les sciences sociales croient fermement que tous les aspects d'un homme, ses penchants et ses id&#233;aux moraux comme ses sch&#233;mas de cognition, ses go&#251;ts esth&#233;tiques comme ses comportements sociaux, ses pr&#233;f&#233;rences sexuelles comme les formes de son corps, sont produits en dernier lieu par la culture &#224; laquelle il appartient. Omnis cultura ex cultura. Les travaux de Margaret Mead comme ceux de &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Pierre Bourdieu&lt;/strong&gt; sont des exemples frappants de ce culturalisme radical. En effet, tandis que pour la premi&#232;re les identit&#233;s masculines et f&#233;minines sont des constructions sociales et, ce faisant, des r&#233;alit&#233;s conventionnelles et particuli&#232;res, pour le second les comportements sociaux d'un individu quelconque sont d&#233;termin&#233;s par l'excitation et l'actualisation contextuelles de certains sch&#233;mas comportementaux, ant&#233;rieurement int&#233;rioris&#233;s et typiques de la classe sociale &#224; laquelle ce m&#234;me individu appartient. Dans la majeure partie des cas donc, les hommes sont con&#231;us comme des tables rases que remplissent librement les cultures. Et, bien entendu, dans la mesure o&#249; les hommes ne sont naturellement rien, les institutions culturelles ne d&#233;pendent en aucune fa&#231;on des r&#233;alit&#233;s biologiques et psychologiques. Le concept de nature humaine semble donc priv&#233; de toute signification scientifique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans les cas o&#249; certains th&#233;oriciens essaient d'expliquer les ph&#233;nom&#232;nes sociaux en tenant compte des traits anthropologiques pr&#233;-sociaux, il n'est pas rare de les voir mobiliser une anthropologie rudimentaire et arbitraire, pour ne pas dire fausse. L'&#233;conomie n&#233;oclassique suppose, par exemple, que les individus sont mus &#224; leur seule volont&#233; de maximiser leur utilit&#233; et qu'ils &#233;laborent leurs actions en ajustant les moyens aux fins selon une rationalit&#233; parfaite. Or, de nombreux travaux des sciences psychologiques et comportementales ont r&#233;fut&#233; ces deux postulats. Les r&#233;sultats du test des quatre cartes de Wason [&lt;a href=&quot;http://ubikuity.fr/#nb5-1&quot; name=&quot;nh5-1&quot; id=&quot;nh5-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[1] Le test des quatre cartes de Wason : 1) On place un individu devant (...)' &gt;1&lt;/a&gt;] sugg&#232;rent fortement que l'intelligence humaine n'est pas naturellement exempte de biais, et ceux du jeu de l'ultimatum [&lt;a href=&quot;http://ubikuity.fr/#nb5-2&quot; name=&quot;nh5-2&quot; id=&quot;nh5-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title='[2] Le jeu de l&amp;#39;ultimatum : 1) On promet &#224; un premier individu de lui offrir (...)' &gt;2&lt;/a&gt;] prouvent que les hommes ne sont pas indiff&#233;rents &#224; la moralit&#233; de leurs actions et de leurs intentions.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, le paradigme culturaliste des sciences sociales est demeur&#233; aveugle aux travaux des sciences naturelles, qui tendent tous &#224; sugg&#233;rer que l'impact des facteurs inn&#233;s et g&#233;n&#233;tiques sur le comportement culturel des hommes n'est ni nul, ni n&#233;gligeable. Parmi ces travaux, il est possible de citer ceux de &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Charles Murray&lt;/strong&gt; et &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Richard Herrnstein&lt;/strong&gt; sur l'h&#233;ritabilit&#233; de l'intelligence, ceux de &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Konrad Lorenz&lt;/strong&gt; sur l'agressivit&#233;, ceux de &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Noam Chomsky&lt;/strong&gt; sur les bases inn&#233;es de l'apprentissage des langues et, enfin, ceux du cognitivisme sur les structures inn&#233;es de la cognition et de la perception humaines.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Edward O. Wilson et la sociobiologie&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ailleurs, depuis plus d'un si&#232;cle, les sciences de la biologie &#233;volutive r&#233;int&#232;grent les hommes dans l'arbre phylog&#233;n&#233;tique du vivant, en expliquant que l'esp&#232;ce humaine, comme toutes les esp&#232;ces vivantes, est le produit de l'&#233;volution du vivant par s&#233;lection naturelle. Or, si tel est r&#233;ellement le cas, alors il n'est pas d&#233;raisonnable de supposer que les traits corporels, mentaux et comportementaux humains, comme ceux des autres esp&#232;ces animales et v&#233;g&#233;tales, sont structur&#233;s par des programmes inn&#233;s, s&#233;lectionn&#233;s lors de l'&#233;volution de l'esp&#232;ce. L'exploitation th&#233;orique syst&#233;matique de cette hypoth&#232;se g&#233;n&#233;rale est d&#233;fendue par l'entomologiste &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Edward O. Wilson&lt;/strong&gt;, depuis la publication, en 1975, de son ouvrage intitul&#233; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Sociobiology : the New Synthesis&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Edward O. Wilson&lt;/strong&gt; est n&#233; en Alabama en 1929 et a obtenu son PhD de biologie &#224; Harvard en 1955. Sp&#233;cialiste des insectes et de leur utilisation des ph&#233;romones, il s'est efforc&#233; de diffuser et de populariser la sociobiologie, qu'il d&#233;finit lui-m&#234;me comme l'&#233;tude syst&#233;matique des bases biologiques du comportement social.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les travaux de la sociobiologie sont originellement issus de l'&#233;tude de certaines esp&#232;ces animales, dont l'organisation sociale et le comportement paraissent contredire les hypoth&#232;ses fondamentales de la th&#233;orie n&#233;odarwinienne de l'&#233;volution des esp&#232;ces. Selon cette derni&#232;re, tous les &#234;tres vivants cherchent naturellement &#224; survivre suffisamment longtemps pour pouvoir se reproduire, c'est-&#224;-dire faire prolif&#233;rer leurs g&#232;nes. Or, parmi les diff&#233;rents individus composant une certaine population sp&#233;cifique, certains sont dot&#233;s de traits ph&#233;notypiques qui, les adaptant mieux &#224; leur environnement que leurs cong&#233;n&#232;res, leur permettent de se reproduire plus qu'eux. Cette variabilit&#233; ph&#233;notypique des populations vivantes est l'une des conditions n&#233;cessaires &#224; l'&#233;volution des esp&#232;ces. Par ailleurs, comme ces traits sont d&#233;termin&#233;s par l'interaction entre les g&#233;notypes individuels et l'environnement, il s'ensuit que les g&#232;nes dont les porteurs sont les mieux adapt&#233;s sont ceux qui se diffusent le plus au sein de la population sp&#233;cifique consid&#233;r&#233;e, et ce jusqu'&#224; y devenir pr&#233;dominants. Ce processus est celui de la s&#233;lection naturelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Partant de cette th&#233;orie, il peut sembler difficile d'expliquer certains types de comportements sociaux, comme, par exemple, les comportements altruistes. En effet, comment comprendre, d'un point de vue &#233;volutif, qu'un individu puisse en aider un autre, si ces deux individus sont en concurrence pour la diffusion de leurs g&#232;nes ? Et, de mani&#232;re plus extr&#234;me, comme on peut l'observer chez des esp&#232;ces comme celles des fourmis, comment certains g&#232;nes inclinant &#224; un altruisme total, &#233;tranger &#224; toute reproduction individuelle, pourraient-ils &#234;tre transmis et donc s&#233;lectionn&#233;s ? La r&#233;ponse paradoxale &#224; ce probl&#232;me a &#233;t&#233; donn&#233;e par &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;William D. Hamilton&lt;/strong&gt; : un comportement altruiste peut, sous certaines conditions, &#234;tre plus capable de favoriser la diffusion des g&#232;nes de celui qui l'adopte, qu'un comportement &#233;go&#239;ste. Elaborant le mod&#232;le de la s&#233;lection de parent&#232;le, le biologiste britannique &#233;tablit qu'un comportement altruiste est mieux adapt&#233; qu'un comportement &#233;go&#239;ste dans le cadre des groupes sp&#233;cifiques fortement consanguins &#8211; comme ceux des fourmis et des abeilles. La coop&#233;ration entre les chasseurs pal&#233;olithiques peut servir &#224; illustrer intuitivement cette th&#233;orie. En effet, si plusieurs hommes s'unissent pour chasser, alors ils sont susceptibles d'obtenir plus de nourriture que s'ils &#233;taient rest&#233;s isol&#233;s. Or, s'ils obtiennent plus de nourriture, ils sont alors capables de rester en vie plus longtemps et de se reproduire plus fr&#233;quemment. Et, si ces hommes sont fortement apparent&#233;s d'un point de vue g&#233;n&#233;tique, alors la diffusion de leurs g&#232;nes communs est plus importante que celle qui aurait eu lieu, s'ils n'avaient pas coop&#233;r&#233;. Leur comportement altruiste favorise donc la prolif&#233;ration de leurs g&#232;nes communs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Reprenant les travaux de &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;William D. Hamilton&lt;/strong&gt;, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Edward O. Wilson&lt;/strong&gt; suppose que les comportements sociaux d'un individu (animal ou humain) sont plus ou moins fortement d&#233;termin&#233;s par l'h&#233;ritage g&#233;n&#233;tique adaptatif de son esp&#232;ce. S'opposant au paradigme culturaliste radical des sciences sociales, l'entomologiste pr&#233;tend explicitement r&#233;habiliter le concept de nature humaine, en d&#233;finissant cette derni&#232;re, dans son ouvrage intitul&#233; L'unicit&#233; du savoir, comme l'ensemble des r&#232;gles &#233;pig&#233;n&#233;tiques communes &#224; tous les individus de l'esp&#232;ce humaine. Une r&#232;gle &#233;pig&#233;n&#233;tique peut &#234;tre grossi&#232;rement d&#233;finie comme un principe inn&#233;, d'origine g&#233;n&#233;tique et adaptative, qui permet aux individus de capter et de traiter inconsciemment et spontan&#233;ment des informations environnementales, et d'&#233;laborer, tout aussi spontan&#233;ment et inconsciemment, des sc&#233;narii d'actions, constituant des r&#233;ponses cens&#233;ment adapt&#233;es &#224; la situation dans laquelle ils se trouvent. Bien &#233;videmment, dans le cas de l'esp&#232;ce humaine, l'environnement &#233;tant la soci&#233;t&#233; elle-m&#234;me, il s'ensuit que l'apprentissage d'une culture, le d&#233;veloppement des comportements sociaux et l'&#233;laboration d'institutions sociales sont les produits de l'interaction entre des pr&#233;dispositions cognitives, perceptives, affectives et comportementales &#233;pig&#233;n&#233;tiques, et les environnements socioculturels dans lesquels vivent les hommes. L'une des t&#226;ches majeures de la recherche sociobiologique est &#233;videmment de faire &#171; l'arch&#233;ologie &#187; des r&#232;gles &#233;pig&#233;n&#233;tiques qui d&#233;terminent la vie sociale des individus et l'&#233;volution m&#234;me des soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;vitement de l'inceste : approche sociobiologique&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un cas embl&#233;matique d'une approche sociobiologique d'un ph&#233;nom&#232;ne culturel est celui de l'&#233;vitement de l'inceste. Selon la th&#233;orie dominante de ce ph&#233;nom&#232;ne culturel, qui est celle de &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Claude L&#233;vi-Strauss&lt;/strong&gt;, l'&#233;vitement de l'inceste est une norme culturelle universelle qui fonde les soci&#233;t&#233;s humaines en contraignant les individus &#224; &#233;changer les femmes de leur famille. Mais cette interpr&#233;tation ne tient pas compte du fait que l'&#233;vitement de l'inceste n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne propre &#224; l'esp&#232;ce humaine, que plusieurs esp&#232;ces animales pratiquent &#233;galement cet &#233;vitement. Il n'est donc pas d&#233;raisonnable de supposer que la prohibition de l'inceste puisse avoir un fondement adaptatif.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or, si l'on se risque &#224; une tentative d'explication sociobiologique de ce ph&#233;nom&#232;ne culturel, il est alors tr&#232;s facile d'imaginer quel fait biologique a pu servir de pierre de touche s&#233;lective pour contraindre l'&#233;volution de certaines esp&#232;ces et l'orienter vers la constitution d'une r&#232;gle &#233;pig&#233;n&#233;tique inhibant l'attrait sexuel entre proches parents. Ce fait biologique est &#233;videmment les cons&#233;quences g&#233;n&#233;tiques et d&#233;mographiques funestes des unions incestueuses, qui aboutissent fr&#233;quemment &#224; des fausses couches ou bien &#224; la procr&#233;ation d'enfants anormaux. En effet, si, dans une population sp&#233;cifique originelle, certains individus sont dot&#233;s de traits d&#233;favorisant les comportements incestueux, alors, les g&#233;n&#233;rations passant, les descendants de ces individus se substituent &#224; ceux des individus ne disposant pas de ces traits, et la population sp&#233;cifique nouvelle finit par pr&#233;senter typiquement un comportement d'&#233;vitement de l'inceste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et il existe bel et bien un m&#233;canisme naturel pouvant correspondre &#224; cette pr&#233;disposition &#233;pig&#233;n&#233;tique suppos&#233;e. Ce m&#233;canisme, appel&#233; effet de Westermarck, assure l'inhibition sexuelle des individus ayant v&#233;cu leur enfance dans une proximit&#233; domestique. Il est &#224; noter que ce m&#233;canisme a re&#231;u de nombreuses confirmations empiriques. Premi&#232;rement, les individus non-consanguins ayant pass&#233; leur enfance dans les conditions pr&#233;c&#233;demment mentionn&#233;es n'&#233;prouvent (presque) jamais aucun attrait sexuel les uns pour les autres. Deuxi&#232;mement, le nombre d'incestes est plus &#233;lev&#233; entre des individus n'ayant pas &#233;t&#233; &#233;lev&#233;s ensemble, qu'entre des individus l'ayant &#233;t&#233;. Enfin, troisi&#232;mement, les mariages contract&#233;s entre des individus non-consanguins mais ayant connu durant leur enfance une grande proximit&#233; domestique sont beaucoup plus instables que les mariages ordinaires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela &#233;tant dit, la th&#233;orie sociobiologique de l'&#233;vitement de l'inceste para&#238;t donc tout &#224; fait plausible et acceptable, et, par suite, il semble bien que la prohibition de l'inceste ne soit pas purement et simplement l'effet d'une norme culturelle. Mais il s'ensuit &#233;galement que les diff&#233;rents codes culturels interdisant ou r&#233;glementant les incestes d&#233;rivent en derni&#232;re instance d'une pulsion &#233;pig&#233;n&#233;tique s&#233;lectionn&#233;e par l'histoire adaptative de l'esp&#232;ce humaine. Les institutions morales, sociales et juridiques prohibant l'inceste peuvent donc &#234;tre con&#231;ues comme &#233;tant les expressions publiques et symboliques d'une forte inclination naturelle des individus. Il faut noter au passage que l'expression symbolique, la rationalisation et la publication des contenus mentaux sont des comportements typiques de l'esp&#232;ce humaine, rendus possibles par le d&#233;veloppement du n&#233;o-cortex.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De m&#234;me, l'importance culturelle de la figure du serpent, que l'on retrouve dans plusieurs cultures amazoniennes, mais aussi dans les mythologies romaine (Esculape), h&#233;bra&#239;que (le diable), &#233;gyptienne (Apophyse) et nordique (Nidh&#246;gg), proviendrait, selon &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Edward O. Wilson&lt;/strong&gt;, de l'expression symbolique et culturelle d'une pulsion herp&#233;tophobe, commune &#224; de nombreuses esp&#232;ces de mammif&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://ubikuity.fr/La-nature-humaine-selon-Edward-O,88.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Cliquez ici pour lire la seconde partie du dossier.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://ubikuity.fr/#nh5-1&quot; name=&quot;nb5-1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 5-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Le test des quatre cartes de Wason :
1) On place un individu devant quatre cartes : 4, R, 5 et V.
2) On lui dit que chacune de ces cartes a sur l'une de ses faces un nombre et sur l'autre une lettre.
3) On formule cette hypoth&#232;se : toutes les cartes dont l'une des faces porte un 4, porte sur l'autre face un R.
4) On lui demande : quelle(s) carte(s) devez-vous retourner pour v&#233;rifier la v&#233;rit&#233; de cette hypoth&#232;se, dans la mesure o&#249; vous devez retourner toutes les cartes n&#233;cessaires &#224; cette v&#233;rification, mais aucune qui soit inutile pour cela.
5) On sait que les cartes &#224; retourner sont les cartes 4 et V.
6) On observe que la plupart des individus &#233;chouent &#224; ce test. Soit ils retournent une seule carte, soit ils retournent des cartes inutiles. L'une des erreurs les plus fr&#233;quentes consiste &#224; retourner la carte R.
7) On suppose donc que la logique naturelle des hommes n'est pas tout &#224; fait correcte.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip_note&quot;&gt;[&lt;a href=&quot;http://ubikuity.fr/#nh5-2&quot; name=&quot;nb5-2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 5-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Le jeu de l'ultimatum :
1) On promet &#224; un premier individu de lui offrir une certaine somme, s'il parvient &#224; faire accepter &#224; un second individu une partie de cette m&#234;me somme. Le second individu est au courant du contrat. Bien &#233;videmment, la somme offerte au second individu est retir&#233;e de la somme offerte au premier individu. Et si le second individu refuse la somme propos&#233;e par le premier individu, alors aucun des deux ne re&#231;oit une somme quelconque.
2) On formule l'hypoth&#232;se conforme &#224; l'&#233;conomie n&#233;oclassique : le premier individu va offrir une somme minimale et le second individu va l'accepter. S'ils agissent ainsi, les deux individus semblent maximiser leur utilit&#233;.
3) On observe que la plupart du temps la somme offerte par le premier individu n'est pas minimale et que, parfois, le second individu refuse la somme offerte par le premier pour se venger de sa mesquinerie.
4) On suppose donc que les hommes ne sont pas indiff&#233;rents &#224; la moralit&#233; de leurs actions et de leurs intentions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Star Trek</title>
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		<description>Le cr&#233;ateur de Lost et Alias &#224; la t&#233;l&#233;vision revisite la s&#233;rie geek la plus connue de l'histoire de la science fiction t&#233;l&#233;visuelle. Avec des acteurs quasi inconnus (les seules &quot;stars&quot; du film &#233;tant Eric Bana et Simon Pegg, c'est dire) mais un gros budget, beaucoup d'action et un vrai savoir-faire. Alors, Spock et Kirk donnent-ils un coup de vieux &#224; Georges Lucas ? Critique, propulseurs au maximum. &lt;br /&gt;La musique est emphatique, pompeuse, mais de circonstance. Des vaisseaux spatiaux flottent sur un fond (...)


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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ubikuity.fr/IMG/arton86.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;400&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Le cr&#233;ateur de Lost et Alias &#224; la t&#233;l&#233;vision revisite la s&#233;rie geek la plus connue de l'histoire de la science fiction t&#233;l&#233;visuelle. Avec des acteurs quasi inconnus (les seules &quot;stars&quot; du film &#233;tant Eric Bana et Simon Pegg, c'est dire) mais un gros budget, beaucoup d'action et un vrai savoir-faire. Alors, Spock et Kirk donnent-ils un coup de vieux &#224; Georges Lucas ? Critique, propulseurs au maximum.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La musique est emphatique, pompeuse, mais de circonstance. Des vaisseaux spatiaux flottent sur un fond de n&#233;buleuses. Parfois, les personnages hurlent des phrases incompr&#233;hensibles, il faut &quot;pr&#233;parer le propulseur spatial&quot; ou r&#233;gler &quot;le transfert en trajectoire courbe&quot;. Pas de doute, nous sommes bien dans un Space Opera, en terrain connu, mais &#233;trangement peu exploit&#233; ces derniers temps - &#224; l'exception de la m&#233;diocre nouvelle trilogie de Star Wars.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que l'on soit amateur de Star Trek ou pas - personnellement je n'y connaissais pas grand chose, on se retrouve rapidement pris dans l'action : en effet, J.J. Abrams, dans un geste qui ne manque pas de panache, d&#233;gaine d'entr&#233;e l'une des sc&#232;nes les plus spectaculaires du film. Des premi&#232;res minutes intenses et tr&#232;s belles, exposant litt&#233;ralement la naissance d'une partie du mythe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le parti-pris du film est de se placer au tout d&#233;but de l'univers Star Trek, de raconter la jeunesse des h&#233;ros de la s&#233;rie, et bien s&#251;r la naissance de leur amiti&#233; : Spock, et Kirk, deux jeunes recrues au sein de l'USS Entreprise, de temp&#233;raments &#233;videmment oppos&#233;s. Le premier est un m&#233;tis, p&#232;re vulcain et m&#232;re terrienne, qui ne sait trop si il doit contr&#244;ler ses &#233;motions comme le veut sa culture paternelle ou leur laisser libre court. Le second est le prototype de la t&#234;te brul&#233;e attachante. Le myst&#232;re de l'amiti&#233; masculine semble d&#233;cid&#233;ment &#234;tre un r&#233;servoir &#224; fiction in&#233;puisable pour le cin&#233;ma am&#233;ricain - on repense aux com&#233;dies de la galaxie Apatow, &#224; leur justesse psychologique et paradoxalement leur incapacit&#233; relative &#224; donner chair &#224; de vrais personnages f&#233;minins. Le revers de la m&#233;daille est aussi pr&#233;sent ici, la seule femme du vaisseau &#233;tant r&#233;duite &#224; faire de la figuration entre deux d&#233;chiffrages de langue extra-terrestre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De ce parti pris de la jeunesse et du renouveau, le film tire toute son &#233;nergie et sa gr&#226;ce : les rebondissements s'encha&#238;nent, les blagues fusent sans jamais tomber &#224; plat ; esth&#233;tiquement, la vitesse de l'action verse parfois dans l'abstraction (un trait de mise en sc&#232;ne d&#233;j&#224; visible dans Mission Impossible 3 et m&#234;me dans Lost), les sc&#232;nes en int&#233;rieur sur-&#233;clair&#233;es entourent les personnages d'un halo lumineux au sein duquel ils se d&#233;placent avec &#233;l&#233;gance. Il y a l&#224; &#233;galement un vrai talent pour poser en quelques secondes des personnages, probablement h&#233;rit&#233; de l'exp&#233;rience t&#233;l&#233; : une sc&#232;ne, un dialogue ou un gag suffisent &#224; l'incarnation. L'&#233;quipage du vaisseau est ainsi presque imm&#233;diatement attachant, alors m&#234;me que le film leur accorde peu de sc&#232;nes d'exposition. Tr&#232;s impressionant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jeunesse et arrogance, c'est aussi comme cela que le film &#233;vacue toute comparaison - pourtant &#233;vidente - avec la saga de Georges Lucas. Beaucoup de sc&#232;nes rappellent Star Wars, Abrams le sait &#233;videmment, mais semble mener sa barque comme si Luke Skywalker n'avait jamais exist&#233;. Et cela fonctionne. Il expurge son film de tout discours politique, fait fi du mysticisme, de la m&#233;taphysique &#224; deux sous de son cousin galactique, et &#233;vite &#233;galement l'amour coupable pour les extra-terrestres mignons avec des poils. Star Trek est &#233;tonnamment direct et lumineux, loin de la noirceur affich&#233;e des blockbusters am&#233;ricains actuels. A peine une s&#233;ance de torture, tr&#232;s courte - quasiment un exploit pour un film am&#233;ricain.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certes, le grand m&#233;chant destructeur de plan&#232;tes jou&#233; par Eric Bana n'est ni tr&#232;s charismatique, ni tr&#232;s convaincant, mais Abrams et ses sc&#233;naristes ne semblent pas y pr&#234;ter une grande attention, absorb&#233;s par ce qui se joue de l'autre c&#244;t&#233; : la naissance de deux h&#233;ros, pas tout &#224; fait m&#251;rs, encore presque adolescents, mais sur le point de basculer dans le mythe. Ce qui, associ&#233; &#224; des dialogues bien &#233;crits et souvent dr&#244;les donne au film un c&#244;t&#233; teen movie assez plaisant. Le capitaine Pike, cherchant &#224; recruter Kirk pour sa flotte : &quot;En quatre ans, tu pourras devenir capitaine de vaisseau&quot; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://ubikuity.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &quot;Quatre ans ? Je le ferai en trois.&quot; Et peu de temps apr&#232;s, une ellipse : &quot;Trois ans plus tard&quot;...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dommage pourtant que le film n'explore pas totalement cette direction. On pense parfois &#224; Starship Troopers et ses s&#233;ances d'entra&#238;nement, on aimerait voir un hybride entre film de lyc&#233;e am&#233;ricain et saga spatiale, on voudrait savoir ce qui se passe durant cette ellipse de trois ans. Etant donn&#233; le dr&#244;le de d&#233;but de carri&#232;re de J.J Abrams (deux s&#233;ries au long cours, Lost et Alias ; puis prise d'assaut d'Hollywood avec...des remakes de s&#233;ries t&#233;l&#233;vis&#233;es), on en attendait peut-&#234;tre quelque chose de plus hybride. Finalement, Star Trek n'est qu'un excellent film d'action intelligement construit et spectaculaire, tr&#232;s professionnel, pas une exp&#233;rience esth&#233;tique et narrative comme a pu l'&#234;tre Speed Racer l'ann&#233;e derni&#232;re. Mais qu'importe, cette vitesse, cette facon de chercher en permanence la fulgurance sans para&#238;tre se pr&#233;occuper du long-terme (du cin&#233;ma adolescent ?) s'accomoderaient mal de ce genre de d&#233;veloppement. Ce Star Trek est en tout cas r&#233;ussi, et il ne fait aucun doute qu'il s'agit du d&#233;but d'une nouvelle longue saga. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Live long &amp; Prosper&lt;/i&gt;, comme dirait l'autre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Camphor and Copper</title>
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		<dc:creator>Fabien</dc:creator>

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		<description>M&#233;lissa Laveaux nous convie, sur son premier album, &#224; un voyage dans son univers m&#233;tiss&#233;, riche, l&#224; o&#249; toutes ses influences convergent. On se laisse guider avec grand plaisir. &lt;br /&gt;C'est &#224; un voyage que nous convie Melissa Laveaux sur son premier &#171; vrai &#187; album, sorti chez No Format (elle avait autoproduit le premier). Le label lui va comme un gant, parce qu'elle ne s'embarrasse pas de limites et de styles. Pas de format ni de fronti&#232;res pour ce disque riche sur lequel on suit la demoiselle au long de ses (...)


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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ubikuity.fr/IMG/arton85.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;300&quot; height=&quot;269&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;M&#233;lissa Laveaux nous convie, sur son premier album, &#224; un voyage dans son univers m&#233;tiss&#233;, riche, l&#224; o&#249; toutes ses influences convergent. On se laisse guider avec grand plaisir.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est &#224; un voyage que nous convie Melissa Laveaux sur son premier &#171; vrai &#187; album, sorti chez No Format (elle avait autoproduit le premier). Le label lui va comme un gant, parce qu'elle ne s'embarrasse pas de limites et de styles. Pas de format ni de fronti&#232;res pour ce disque riche sur lequel on suit la demoiselle au long de ses p&#233;r&#233;grinations musicales, guid&#233;s par son incroyable feeling, avec la soul en fil conducteur.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Paysages en cl&#233; de soul
&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le titre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Camphor and Copper&lt;/i&gt;, explique l'artiste dans le livret, &#224; &#233;t&#233; choisi pour les qualit&#233;s du camphre et du cuivre, qui peuvent &#234;tre des poisons comme des produits aux bienfaits reconnus, dont les qualit&#233;s peuvent &#233;galement &#234;tre des d&#233;fauts. Tout comme l'amour dit-elle. M&#233;lissa Laveaux s'int&#233;resse aux multiples aspects de chaque chose, ne se contente pas d'une facette. C'est ce qui fait la richesse de son monde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La canadienne d'origine ha&#239;tienne a &#233;t&#233; nourrie au folk, au rock, &#224; la musique cr&#233;ole, au jazz, &#224; la pop et cela se sent. Avec elle, on arpente un univers riche et m&#233;tiss&#233;, auquel rien ne semble &#233;tranger. Les langues, les styles, les influences se m&#233;langent, pour donner vie &#224; des &#171; paysages en cl&#233; de sol &#187;. Sur sa guitare, devenue son &#171; bateau &#187;, elle nous emm&#232;ne &#224; travers les contr&#233;es de son monde, nous fait d&#233;couvrir son univers. M&#233;lissa Laveaux nous ouvre la voix &#224; coup d'accord et d'arp&#232;ges, n'h&#233;sitant pas &#224; passer de l'anglais au fran&#231;ais ou au cr&#233;ole au sein d'une m&#234;me chanson, parce que, dit-elle, &#224; Qu&#233;bec o&#249; elle a grandi, on a l'habitude de commencer des phrases dans une langue et de les finir dans une autre. Sur des airs l&#233;gers, elle parle de choses sombres, les comptines ha&#239;tiennes c&#244;toient les reprises d'Elliott Smith (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Needle in the hay&lt;/i&gt;) ou d'Eartha Kitt (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;I want to be evil&lt;/i&gt;). Ce patchwork esquisse un monde riche, l'univers int&#233;rieur de Melissa Laveaux.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
Et cet univers, &#224; quoi ressemble-t-il ?&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'instrumentation est r&#233;duite, et accueille des instruments aux origines vari&#233;es. Les percussions sont confi&#233;es &#224; des tabl&#226;s sur la plupart des chansons, une contrebasse offrant une belle assise &#224; l'ensemble. On trouve &#233;galement m&#233;lodica, saxophone, trompette, accord&#233;on, ukul&#233;l&#233;, cajon pour faire honneur &#224; ses influences. Mais ce sont surtout la voix et la guitare de M&#233;lissa Laveaux qui frappent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La voix est un peu &#233;raill&#233;e par moments, pourtant toujours tr&#232;s douce, comme si elle refl&#233;tait les f&#234;lures, les blessures qui se cachent derri&#232;re l'apparente bonhomie de l'artiste. Cette voix qui nous accompagne et nous guide tout au long du voyage est elle aussi tr&#232;s riche. &#192; une assise s&#251;re et stable, viennent s'ajouter une apparente fragilit&#233;, un c&#244;t&#233; un peu vaporeux et toute la l&#233;g&#232;ret&#233; que cela suppose, toutes les possibilit&#233;s de polymorphie que cela offre. Si M&#233;lissa Laveaux sait s'adapter &#224; chaque style, elle ne perd jamais sa touche, son feeling, son c&#244;t&#233; soul. La mani&#232;re dont elle reprend &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Needle in the hay&lt;/i&gt; ou &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;I want to be evil&lt;/i&gt; prouve qu'elle sait se mettre au service des chansons tout en y ajoutant sa touche, pour les r&#233;interpr&#233;ter sans les trahir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La guitare, elle, fait se balancer arp&#232;ges et accords, et ajoute une strate suppl&#233;mentaire &#224; l'instrumentation riche de cet album. Elle ne semble jamais n'&#234;tre l&#224; que pour accompagner la chanteuse, mais participe pleinement &#224; la cr&#233;ation de l'ambiance de chacun des morceaux. Comme la voix, la guitare se fait cam&#233;l&#233;on pour servir chaque chanson.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;De si beaux d&#233;fauts&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On entend parfois quelques notes qui ne sonnent pas, quelques accords &#224; demi gratt&#233;s, des cordes qui frisent. Bien loin de g&#234;ner, cela confirme la volont&#233; de privil&#233;gier le feeling, de ne pas perdre la bonne prise parce qu'une note n'est pas l&#224; ou parce qu'un doigt a boug&#233;. M&#233;lissa Laveaux se livre en toute honn&#234;tet&#233;, pr&#233;f&#232;re nous faire partager son feeling et servir l'ambiance de ses morceaux &#224; une propret&#233; de jeu qui semblerait aseptis&#233;e. Elle ne recherche pas la perfection formelle mais la v&#233;rit&#233; de l'impression, du sentiment qu'elle veut nous faire partager.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Camphor and Copper&lt;/i&gt; est un disque sur lequel M&#233;lissa Laveaux se livre en toute franchise. Elle nous expose les facettes les plus intimes de son univers avec une honn&#234;tet&#233; qui ne peut que toucher. Elle nous convie avec tant de sinc&#233;rit&#233; qu'on la suit avec plaisir pour ce voyage musical.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Jay Reatard ou les exploits d'un demeur&#233;</title>
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		<description>C'est pas parce qu'on est rondouillard, qu'on porte un pr&#233;nom de fille (&#224; savoir Lindsay) et qu'on est blanc comme une cuisse de poulet crue qu'on est un gentil gar&#231;on. Chronique d'un punk qui nous en met plein la gueule au propre comme au figur&#233;. &lt;br /&gt;Qu'il r&#233;invente les couleurs comme le po&#232;te de 7 ans ( son simple, Fluorescent grey), se maquille en Kiss ou joue de la batterie dans une cantoche de lyc&#233;e, Jay Reatard ( soit Jay le &quot;d&#233;bile&quot;) , ne laisse pas indiff&#233;rent. &lt;br /&gt;A quinze ans ce petit bouli (...)


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ubikuity.fr/IMG/arton84.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;400&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;C'est pas parce qu'on est rondouillard, qu'on porte un pr&#233;nom de fille (&#224; savoir Lindsay) et qu'on est blanc comme une cuisse de poulet crue qu'on est un gentil gar&#231;on. Chronique d'un punk qui nous en met plein la gueule au propre comme au figur&#233;.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'il r&#233;invente les couleurs comme le po&#232;te de 7 ans ( son simple, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Fluorescent grey&lt;/i&gt;), se maquille en Kiss ou joue de la batterie dans une cantoche de lyc&#233;e, Jay Reatard ( soit Jay le &quot;d&#233;bile&quot;) , ne laisse pas indiff&#233;rent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A quinze ans ce petit bouli hyper actif &#224; qui l'on a offert une guitare et un micro pour avoir la paix d&#233;bute sa carri&#232;re musicale. D&#232;s son premier opus, &quot;children hate&quot;, il annonce la couleur. Dix ans d'activit&#233; intensive et personne ne se doutait que ce natif de Memphis deviendrait une ic&#244;ne du punk. Faire du punk quand on vient du Mississippi ? Tu cherche les emmerdes, Jay ? La r&#233;ponse est oui, mais il arrive tout de m&#234;me &#224; calmer les ardeurs des m&#233;lomanes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi ? Parce qu'il &#233;crit, commercialise (et m&#234;me souvent offre gratuitement) plus de chansons que n'importe quel autre artiste ultra prolifique. En fait, Jay veut faire de la musique et ne comprend pas quand on lui parle de pognon...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il se fait passer pour un attard&#233; mental et enregistre des 45 tours au doux noms de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Get real stupid&lt;/i&gt;. Il aimerait bien le devenir, mais n'y arrive pas !!! On a beau se fracasser la t&#234;te contre les murs, quand on est intelligent on le reste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Version punk grunge lo-fi et bubble gum, la b&#234;te en connait un rayon. Sur son myspace, il cite Dwarfs, Ramones et Wire comme influences majeurs ( en fait, tout le monde cite Wire ces temps-ci, c'est devenu &#224; la mode, comme, il ya deux ans &#233;tait incontournable la comparaison avec Joy Division).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En r&#233;alit&#233;, les singles s&#233;lectionn&#233;s pour son premier Best Of intitul&#233; &quot;Matador singles 08 &quot;, ( une r&#233;trospective &#224; 25 ans, c'est un peu gonfl&#233;), font davantage penser &#224; du Supergrass p&#233;riode I Should Coco. Comme les lads d'Oxford en leur temps, il a pour ambition de jouer plus vite et plus fort que les autre. Sa voix oscille d'un morceau &#224; l'autre entre celle Gaz Coombes ou de Win Butler (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Fluorescent grey&lt;/i&gt; ressemble &#233;trangement &#224; du Arcade Fire).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bref,il y a chez Jay Reatard un constant retour aux gamineries, comme dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;screaming head&lt;/i&gt;, lard&#233; de fl&#251;tes &#224; bec et arrangements dignes d'un Daniel Johnston. Ses clips ( See/Saw) mont&#233;s &#224; la rache le pr&#233;sente bon enfant, jouant avec ses copains, explosant un caddy de supermarch&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ailleurs, vu le dos de l'album &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Matadore Singles 08&lt;/i&gt;, repr&#233;sentant son bassiste sur le tr&#244;ne entrain de poser une galette - non pas de gerbe, mais bien de vinyles- on se doute qu'il aime les blagues pipi caca &#224; l'instar de son pote Bradford Cox, le leader tourment&#233; de Deerhunter , dont on parlera peut-&#234;tre bient&#244;t dans Ubikuity.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais malgr&#233; la joie candide et juv&#233;nile qui &#233;mane de tout cela Reatard aimerait qu'on le prenne au s&#233;rieux et peut devenir tr&#232;s susceptible quand un fan lui manque de respect. Ainsi on trouve sur You Tube des vid&#233;os du type : &quot;Jay Reatard fracasse un fan en plein concert &#224; Las Vegas&quot;, ou bien &quot;Kick at the Silver Dollar&quot;. Il n'y a pas que les fans qui sont expos&#233;s &#224; ses lubies. Ainsi, son bassiste se fait parfois cracher dessus juste pour le plaisir et montrer ce que c'est qu'un &quot;real punk&quot;...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si vous croisez donc dans la rue un mec d&#233;guis&#233; en clown, maquill&#233; &#224; la Kiss, jouant les DeeDee Ramone dans son perfecto, ou bien astiquant une guitare Flying V, faites attention car &#231;a pourrait bien &#234;tre lui.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout &#231;a pour dire que si Jay est prolifique, et cr&#233;atif - sans pour autant r&#233;volutioner quoi que ce soit,si on aimerait d&#233;couvrir tous les jours des talents de ce genre, et que l'on regrette, musicalement, notre h&#233;xagone (Oh mais non ! Ici, y a les BB Brunes...) il ne faut pas trop en parler non plus, de ce petit g&#233;nie. Ce serait dommage qu'il prenne la grosse t&#234;te !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>&quot;Die Welle&quot;, &quot;La Vague&quot;</title>
		<link>http://ubikuity.fr/Die-Welle-La-Vague.html</link>
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		<dc:date>2009-04-14T22:30:28Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thierry</dc:creator>

<category domain="http://ubikuity.fr/-Cinema-Films-.html">Cin&#233;ma / Films</category>


		<description>Cette semaine, sort en salles le film &quot;Die Welle&quot;, &quot;La Vague&quot; en allemand, du r&#233;alisateur Dennis Gansel.
Ce film bouleversant, devrait &#234;tre visionn&#233; dans les &#233;coles, lyc&#233;es... pour prendre conscience que la b&#234;te peut encore resurgir...

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://ubikuity.fr/IMG/arton78.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;300&quot; height=&quot;400&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Rarement un film m'aura autant percut&#233; et boulevers&#233;.
Coup de projecteur sur ce fabuleux film, r&#233;alis&#233; par Dennis Gansel, qui ne vous laissera certainement pas indiff&#233;rent...&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Nous sommes en Allemagne, dans un Lyc&#233;e tout ce qu'il y a de plus normal, en 2009, la jeunesse allemande est festive, innocente, rebelle...bref, une jeunesse comme toutes les jeunesses de notre soci&#233;t&#233;, et pourtant...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce jour l&#224;, un professeur charismatique, Rainer Wenger, aim&#233; de tous ces jeunes, &#233;coutant du rock, et s'habillant de tee shirts des Ramones, ou des Clash, lance un projet, sur une semaine th&#233;matique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il lance une grande question : &quot;Une dictature est-elle encore possible en Allemagne de nos jours ?&quot;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les adolescents, lass&#233;s de se voir encore rem&#233;morer les sombres ann&#233;es de l'Allemagne Nazie, vont pourtant se prendre au jeu, qu'instaure le professeur, &#224; but au d&#233;part p&#233;dagogique, bien-entendu.
Rainer Wenger veut simplement leur expliquer le fonctionnement d'un r&#233;gime totalitaire, d'une mani&#232;re plus &quot;pratique&quot;, &#224; travers un atelier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cet atelier se d&#233;roulant sur une semaine, va &#224; la grande surprise du professeur s&#233;duire beaucoup de ces adolescents, qui vont en quelques jours seulement, &#234;tre les initiateurs d'une &quot;vague&quot; qui va devenir tr&#232;s vite incontr&#244;lable et va s'av&#233;rer plus tragique encore que l'aurait imagin&#233; Rainer Wenger.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au fil des jours, les adolescents vont pr&#233;cipiter la &quot;Vague&quot; dans l'ab&#238;me le plus profond.
Sans d&#233;voiler le film, ils vont au fur et &#224; mesure mener des actions visant &#224; bousculer les consciences et imposer leurs id&#233;es et habitudes &#224; tous les jeunes de leur classe, et n'h&#233;siteront pas &#224; s'opposer plus ou moins avec violence contre les anarchistes qui rejettent leurs m&#233;thodes ou les Initiateurs de mouvements destin&#233;s &#224; stopper la &quot;Vague&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous verrez lors de ce film ces adolescents, plus ou moins perturb&#233;s, glisser rapidement vers les pr&#233;mices d'une dictature semblable &#224; celle que le Troisi&#232;me Reich imposait 60 ans en arri&#232;re...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notamment Tim, un jeune Lyc&#233;en allemand, en qu&#234;te de reconnaissance et cherchant &#224; donner un sens &#224; son existence, qui va trouver dans &quot;la vague&quot; une r&#233;elle raison de vivre, sentiment nouveau pour lui.
Il s'impliquera beaucoup dans le mouvement, &#224; travers des gestes plus ou moins choquants, comme grimper en haut d'une tour taguer l'embl&#232;me de la Vague, menacer des anarchistes, mais aussi, des plus violents, qui le conduiront &#224; sa perte...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce film, est inspir&#233; de fait r&#233;els, et ne peut nous emp&#234;cher de nous poser de multiples questions sur le Troisi&#232;me Reich, la mont&#233;e violente et rapide d'Hitler au pouvoir, le devenir de tous ces R&#233;gimes Totalitaires, et surtout, sommes-nous &#224; l'aube d'une prochaine dictature ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce film bouleversant nous montre le m&#233;canisme redoutable du fascisme, qui peut resurgir &#224; tout moment...preuve en est avec ce film.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A travers un jeune professeur charismatique et des jeunes en manque de rep&#232;res, en l'espace d'une semaine &#224; peine, le fascisme refait surface, dans un lyc&#233;e tout &#224; fait ordinaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Alors, non, apr&#232;s ce film, on ne peut plus se dire que &quot;la dictature hitl&#233;rienne&quot; est un lointain souvenir enterr&#233; qui n'a aucune chance de resurgir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En ces temps de crise sociale, ch&#244;mage, pauvret&#233;, crises d'identit&#233; profondes, jeunesses un peu &quot;perdues&quot;, oui, le risque est grand.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Hitler est mont&#233; au pouvoir dans un contexte similaire, apr&#232;s cette crise &#233;conomique de 1929, qui a conduit l'Europe dans une crise sans pr&#233;c&#233;dent.
Comme Rainer, il &#233;tait charismatique, original, inattendu.
Comme Rainer, il &#233;tait intelligent et savait arranguer les foules.
Comme Tim, les individus les plus perturb&#233;s de la soci&#233;t&#233; allemande lui &#233;taient enti&#232;rement d&#233;vou&#233;s..
Les SS d'hier &#233;taient sans nul doute les Tim d'aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En l'espace d'une semaine, la classe de Rainer a form&#233; une vraie communaut&#233; soud&#233;e, qui r&#233;gissait ses propres r&#232;gles, et voulait supprimer ses opposants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au bout de quelques jours seulement, les adolescents n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; changer leurs habitudes, lancer une propagande, reprenant certains des &#233;l&#233;ments qui ont constitu&#233; le Troisi&#232;me Reich, &#224; savoir Salut militaire hitl&#233;rien, marche au pas, tenue nazie, tracts, etc.. tout ceci pour servir la cause de leur leader, Hitler, Rainer...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Alors, oui, ce film fait froid dans le dos, car il est la preuve que le spectre du Fascisme r&#244;de et peut se r&#233;veiller &#224; nouveau, pour notre plus grand cauchemar...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce film est &#224; voir absolument. Des heures apr&#232;s le visionnage de ce film, je me pose encore beaucoup de questions... sur notre devenir, notre avenir au sein de ces soci&#233;t&#233;s &#224; la d&#233;rive, notre jeunesse...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 2009, serait-il possible de voir &#224; nouveau un leader charismatique prendre le contr&#244;le et mener une dictature ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les gouvernements actuels, je l'esp&#232;re, stopperont cet individu, se rappelant tous avec horreur Hitler...
A moins que cela soit nos gouvernements qui sombrent progressivement eux-m&#234;mes dans la dictature...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme le d&#233;montre ce film, il suffit de quelques &#233;l&#233;ments pour que le m&#233;canisme effroyable du Fascisme refasse surface...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le site du film, http://www.bacfilms.com/site/lavague/&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Bande annonce du film, http://www.youtube.com/watch ?v=xBwj28sflL4&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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