CONNEXION

Camphor and Copper

par Fabien

Le 6 Mai 2009


Mélissa Laveaux nous convie, sur son premier album, à un voyage dans son univers métissé, riche, là où toutes ses influences convergent. On se laisse guider avec grand plaisir.

C'est à un voyage que nous convie Melissa Laveaux sur son premier « vrai » album, sorti chez No Format (elle avait autoproduit le premier). Le label lui va comme un gant, parce qu'elle ne s'embarrasse pas de limites et de styles. Pas de format ni de frontières pour ce disque riche sur lequel on suit la demoiselle au long de ses pérégrinations musicales, guidés par son incroyable feeling, avec la soul en fil conducteur.

Paysages en clé de soul

Le titre Camphor and Copper, explique l'artiste dans le livret, à été choisi pour les qualités du camphre et du cuivre, qui peuvent être des poisons comme des produits aux bienfaits reconnus, dont les qualités peuvent également être des défauts. Tout comme l'amour dit-elle. Mélissa Laveaux s'intéresse aux multiples aspects de chaque chose, ne se contente pas d'une facette. C'est ce qui fait la richesse de son monde.

La canadienne d'origine haïtienne a été nourrie au folk, au rock, à la musique créole, au jazz, à la pop et cela se sent. Avec elle, on arpente un univers riche et métissé, auquel rien ne semble étranger. Les langues, les styles, les influences se mélangent, pour donner vie à des « paysages en clé de sol ». Sur sa guitare, devenue son « bateau », elle nous emmène à travers les contrées de son monde, nous fait découvrir son univers. Mélissa Laveaux nous ouvre la voix à coup d'accord et d'arpèges, n'hésitant pas à passer de l'anglais au français ou au créole au sein d'une même chanson, parce que, dit-elle, à Québec où elle a grandi, on a l'habitude de commencer des phrases dans une langue et de les finir dans une autre. Sur des airs légers, elle parle de choses sombres, les comptines haïtiennes côtoient les reprises d'Elliott Smith (Needle in the hay) ou d'Eartha Kitt (I want to be evil). Ce patchwork esquisse un monde riche, l'univers intérieur de Melissa Laveaux. Et cet univers, à quoi ressemble-t-il ?

L'instrumentation est réduite, et accueille des instruments aux origines variées. Les percussions sont confiées à des tablâs sur la plupart des chansons, une contrebasse offrant une belle assise à l'ensemble. On trouve également mélodica, saxophone, trompette, accordéon, ukulélé, cajon pour faire honneur à ses influences. Mais ce sont surtout la voix et la guitare de Mélissa Laveaux qui frappent.

La voix est un peu éraillée par moments, pourtant toujours très douce, comme si elle reflétait les fêlures, les blessures qui se cachent derrière l'apparente bonhomie de l'artiste. Cette voix qui nous accompagne et nous guide tout au long du voyage est elle aussi très riche. À une assise sûre et stable, viennent s'ajouter une apparente fragilité, un côté un peu vaporeux et toute la légèreté que cela suppose, toutes les possibilités de polymorphie que cela offre. Si Mélissa Laveaux sait s'adapter à chaque style, elle ne perd jamais sa touche, son feeling, son côté soul. La manière dont elle reprend Needle in the hay ou I want to be evil prouve qu'elle sait se mettre au service des chansons tout en y ajoutant sa touche, pour les réinterpréter sans les trahir.

La guitare, elle, fait se balancer arpèges et accords, et ajoute une strate supplémentaire à l'instrumentation riche de cet album. Elle ne semble jamais n'être là que pour accompagner la chanteuse, mais participe pleinement à la création de l'ambiance de chacun des morceaux. Comme la voix, la guitare se fait caméléon pour servir chaque chanson. De si beaux défauts

On entend parfois quelques notes qui ne sonnent pas, quelques accords à demi grattés, des cordes qui frisent. Bien loin de gêner, cela confirme la volonté de privilégier le feeling, de ne pas perdre la bonne prise parce qu'une note n'est pas là ou parce qu'un doigt a bougé. Mélissa Laveaux se livre en toute honnêteté, préfère nous faire partager son feeling et servir l'ambiance de ses morceaux à une propreté de jeu qui semblerait aseptisée. Elle ne recherche pas la perfection formelle mais la vérité de l'impression, du sentiment qu'elle veut nous faire partager.

Camphor and Copper est un disque sur lequel Mélissa Laveaux se livre en toute franchise. Elle nous expose les facettes les plus intimes de son univers avec une honnêteté qui ne peut que toucher. Elle nous convie avec tant de sincérité qu'on la suit avec plaisir pour ce voyage musical.

Fabien

1 commentaires

Golden Triangle Tour India a dit:

Le 10 Mai

The classic Golden Triangle introduces tourists to India in a very approach that maybe no alternative tour will because it offers you a a lot of enriching cultural expertise within the region of this exotic country, i.e. Delhi, metropolis and Jaipur. The known Golden Triangle of India is thus named as a result of the triangular form that it forms on a map at the locations of latest Old Delhi, metropolis and Rajasthan.
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